Par CAS-INFO

« Une action forte est nécessaire maintenant », a déclaré mardi la directrice Afrique Centrale de Human Rights Watch. Ida Sawyer estime que l’annulation de la rencontre prévue cette semaine entre le Président congolais Joseph Kabila et le duo Antonio Guterres – Moussa Faki, Secrétaire général de l’ONU et Président de la Commission de l’Union africaine, est un mauvais signal en pleines interrogations sur les intentions du chef de l’État à rester au Pouvoir.

« L’annulation de dernière minute [de cette rencontre] par Joseph Kabila et sa réticence à rencontrer d’autres dirigeants régionaux et internationaux au cours des dernières semaines ne va pas dans le sens d’apaiser les craintes qu’il ne veut pas quitter son poste, conformément à la constitution congolaise, et de permettre la tenue d’élections crédibles », redoute Ida Sawyer.

Car, pour elle, à quelques mois des élections, le chef de l’État n’a toujours pas déclaré publiquement qu’il démissionnerait. « Pendant ce temps, les dirigeants du parti au pouvoir ont commencé à faire campagne pour que Kabila reste au pouvoir en violation de la limite de deux mandats fixés par la Constitution », rappelle la chercheuse americaine.

Alors que la visite conjointe de Guterres et de Faki aurait été pour elle l’occasion de livrer un message fort et coordonné au Président congolais sur les conditions minimales à remplir afin d’obtenir d’élections crédibles, Human Rights Watch considère qu’il est nécessaire d’agir. « Les instances internationales et les gouvernements concernés doivent aller au-delà des déclarations et exercer une réelle pression pour montrer qu’il y a des conséquences à la répression et les abus que Kabila et ses proches ont utilisé pour se maintenir au pouvoir ».

« Cela pourrait être par le biais de sanctions ciblées du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’UA, de l’Union européenne et des États-Unis, contre Kabila lui-même et d’autres responsables d’abus », plaide l’organisation.