Par CAS-INFO

Le débat sur une possible future candidature du chef de l’État aux prochaines élections est loin d’être terminé. Loin de là. Et ce n’est pas la récente réponse, cinglante, du parti présidentiel au dernier communiqué du Comité laïc de coordination, CLC, qui va le stopper. Dans cette longue réplique signée le 7 juillet 2018 par Kambere Kalumbi Ferdinand, Secrétaire Permanent adjoint, le PPRD maintient que Joseph Kabila peut encore légalement concourir à la présidentielle de décembre 2018.

Pour le parti présidentiel, qui s’appuie sur la thèse de Cyrus Mirindi, l’homme par qui le débat a commencé. Celui consistant à soutenir que la révision de 2011 a fait basculer le pays dans une nouvelle constitution. Pour le PPRD, donc, une nouvelle candidature du Président de la république, dans ces conditions, sera bien conforme à la constitution.

« Dans le cas de figure, la modification de la constitution [de 2011] a bel et bien touché au principe verrouillé de l’article 220, notamment, celui de l’article 71 de la constitution, qui est une modalité d’application et non du nombre des tours comme certains le prétendent, mais du pourcentage des suffrages exprimés suffisant pour couvrir le principe du suffrage universel », explique le numéro deux du parti.

Et d’ajouter, « devant cette nouvelle constitution à partir de 2011, le Président de la république Joseph Kabila Kabange, dans cette hypothèse, a encore le droit, comme candidat indépendant, de se représenter pour un second mandat sous le nouveau régime de l’élection présidentielle ainsi ouvert par cette révision constitutionnelle », peut-on lire dans cette note.

Une possible candidature de Joseph Kabila en décembre prochain suscite bien d’inquiétudes. Interrogé sur RFI mercredi, le professeur Bob Kabanga, chercheur en science politique et enseignant à l’université de Liège, n’exclut pas une intervention militaire sur le territoire congolais pour empêcher telle éventualité. Pas de quoi effrayer le PPRD. « Le Plan d’une certaine communauté internationale, sous traitée par la CENCO est celui de tenter même par la force, de se débarrasser d’un homme qui les gêne en priorisant les intérêts de son pays et de son peuple […]. Le peuple reste vigilant et est appelé à lui résister farouchement », recommande ce texte qui ne porte toutefois pas la signature d’Emmanuel Shadari.