Par CAS-INFO

Les Français sont champions du monde. Bravo à eux. Ils ont fait vibré plusieurs milliers de leurs compatriotes lundi sur les Champs-Élysées. Nous sommes contents pour eux. Contents, nous l’étions davantage pour nos Africains de ces Bleus, qui ont, en quelque sorte, porté au sommet de la planète foot les couleurs du Continent.

Mais attention. Trêve de vivre la vie par procuration ! Maintenant que l’euphorie du 15 juillet 2018 est passée et que le champagne s’arrose désormais entre Français, en France, il serait peut-être temps pour les Africains de revenir les deux pieds sur terre et de regarde la réalité en face.

Certes, les Kylian Mbappé, N’golo Kante, Blaise Matuidi et les Paul Pogba ont fait rêvé les Africains. Il ne faut pas cependant oublier que c’est bien pour la France et non le Cameroun ni le Congo qu’ils ont transpiré à Moscou dimanche soir. Au lieu de s’accrocher au bonheur des autres, à des milliers de kilomètres de l’Afrique, telle une façon d’échapper à nos propres responsabilités, il serait plutôt temps pour les dirigeants africains de se réveiller un peu de leur sommeil et de faire un véritable investissement dans le football.

Financer les académies de football, créer des meilleures conditions des championnats nationaux et continentaux viables, débarrassés de toute corruption et de conflits d’intérêts qui gangrènent tellement le plus beau des sports sur le Continent, c’est le seul moyen d’espérer retrouver à nouveau au mondial, dans les prochaines années, les Roger Milla, les Yekini Rachidi, les Jay-Jay Okocha, et non, les Africains d’Europe, qui auront, eux, porté leurs pays jusqu’à la victoire finale.

Comme le dit un proverbe Luba en Republique Démocratique du Congo, « c’est avant tout chez lui, dans sa maison, que le cultivateur commence à travailler la terre avant de viser des grandes récoltes dans des grandes fermes ». Si on veut voir un jour le football africain être célébré sur le Boulevard du 30 juin et les grandes Artères du continent. Comme l’ont fait les Français sur les Champs-Élysées. C’est au stade des Martyrs de Kinshasa, à Douala ou encore à Bamako qu’il faut commencer à mettre les moyens et le sérieux. Si nous voulons voir un jour nos propres Mbappé exploser sur le toit du monde.