Félix Tshisekedi, Kamerhe, retour

Par CAS-INFO

Voilà une marée humaine que la police nationale congolaise aura du mal à manipuler. Main dans la main, perchés sur une voiture décapotable, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe ont fait un retour tonitruant mardi à Kinshasa. Accueillis puis escortés de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Limete par une foule compacte formée des plusieurs milliers voire plusieurs centaines de milliers des Congolais, les deux leaders de l’Udps et de l’UNC, désormais réunis dans un ticket fatal, ont fait tomber la capitale.

Alors qu’ils étaient destinés à être les « jetés à l’opprobre de la nation » pour avoir renié leurs signatures du de l’accord de Genève, qui a désigné le 11 novembre dernier Martin Fayulu candidat commun de l’opposition, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe avaient à coeur de démontrer de quelle valeur ils étaient. Mission accomplie et un message envoyé à leurs adversaires.

Après avoir opéré leur volte-face à Genève, les deux poids lourds encore dans la course présidentielle, avaient prétexté avoir agi ainsi pour respecter la volonté de leurs bases. En pliant en deux l’exigence ville de Kinshasa,  »Fatshi » et  »VK » ont pu palper du doigt la réalité de leur déclaration. « Certains ont voulu spéculer quand nous avons évoqué la base. Ils ne savent pas ce que c’est la base. Aujourd’hui, la réponse de la base a été cinglante parce que la base, c’est le peuple », s’est même fendu, un Félix Tshisekedi visiblement comblé au siège de l’Udps à Limete. Alors que son « colistier », Vital Kamerhe, se chargeait de lancer un appel au « respect de l’Udps et ses 38 ans de lutte », a insisté celui qui deviendra Premier ministre en cas de victoire du Cap pour le changement le 23 décembre prochain.

En plaçant ainsi la barre très haut, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe rebattent les cartes de la présidentielle et des législatives à venir. Ils vont à coup sûr provoquer des renversements d’alliances dans different états majors politiques à Kinshasa.

Car si, Moïse Katumbi, le populaire et ex gouverneur du Katanga a dores et déjà indiqué qu’il demeurait bien derrière Martin Fayulu, certains dans les rangs de LAMUKA, comme Claudel Lubaya, n’hésitent pas d’appeler à la fusion des deux coalitions. Au vu de leur démonstratio de force ce mardi, on voit mal le duo Tshisekedi-Kamerhe céder à ces appels du pied. Et c’est bien cela tout le piège dans lequel s’enfermera l’opposition qui part aux élections en ordre dispersé. Ce qui fera, et ils le savent bien, les affaires d’Emmanuel Shadari, le candidat de Joseph Kabila.