Par CAS-INFO

De l’autosatisfaction. C’est l’élément de langage qui se dégage des réactions des opposants au régime de Joseph Kabila, après le discours du chef de l’État jeudi devant le Parlement réuni Congrès. Dans son intervention, le Président de la république a salué son bilan, souligné les réformes engagées par son gouvernement, qui ont permis d’améliorer les conditions de vie de Congolais et réaffirmé le cap vers les élections sans pour autant dire s’il sera lui-même ou non candidat.

Dans l’opposition, on n’en démord pas. « Ce soir, contre-courant de la marche de l’histoire, Joseph Kabila a fait le choix egocentrique, celui de sacrifier la nation toute entière pour sa survie personnelle », a regretté le chef de l’UDA Claudel Lubaya pour qui, le chef de l’Etat vient de rompre définitivement l’ordre constitutionnel et en porte désormais selon lui, la lourde responsabilité.

Plus virulent, Olivier Kamitatu a qualifié de « lamentable » le discours du Président de la république. Outrageusement provocateur, Kabila s’amuse de l’Accord de la CENCO. Rien à attendre d’un dictateur qui s’accroche au pouvoir en confirmant devant une salle pétrifiée son mépris du peuple », s’est emporté le directeur de cabinet et porte-parole de l’opposant Moïse Katumbi. Même tonalité du côté de Christian Mwando, l’autre proche de l’ancien gouverneur du Katanga qui pointe l’« autosatisfaction » du président de la république. « On se pose sérieusement la question s’il vit au Congo et avec les Congolais », a fulminé le député de l’UNADEF.

Pour la société civile, le pays, après ce discours présidentiel, vient de perdre le temps. « Du temps perdu, pour tout le monde », glisse ainsi l’activiste de la Lucha, Fred Bauma. Pendant que Jonas Tshombela, le porte-parole du Comité laïc de coordination relevait « du déjà entendu » et un « bilan d’autosatisfaction totalement déconnecté du vécu au quotidien du congolais moyen qui souffre.”