Par CAS-INFO

Que va annoncer Félix Tshisekedi ? Le président congolais s’adresse à la nation ce dimanche après-midi. Alors qu’une crise violente l’oppose à son prédécesseur et allié, Joseph Kabila, et que la situation économique et sociale du pays, est critique, le Chef de l’État aborde l’exercice sous une immense pression.

« Nous attendons de lui qu’il constate qu’il est temps d’avoir une nouvelle majorité à l’assemblée nationale, qu’il désigne un informateur afin de pouvoir l’identifier de façon officielle. S’il ne le fait pas, il aura déçu les Congolais », a d’ores et déjà prévenu Muhindo Nzangi. À la tête de la révolte à la Chambre basse du Parlement, le député MSR pilote lui-même le mouvement qui vise à destituer le Bureau Mabunda. Avec plus de 250 signatures, la pétition a de chance d’aboutir et offrirait au président un boulevard pour faire basculer la majorité.

Consulter avant de décider

Mais tant que ce n’est pas, rien n’est fait. C’est bien pour cela que le Chef de l’État avait d’abord choisi d’inonder les Congolais d’images d’homme du peuple. Dans une opération de communication savamment orchestrée, Félix Tshisekedi a ouvert les portes du Palais présidentiel à toutes les couches de la société congolaise, des ministres aux enfants dits de « la rue ». Objectif, consulter le peuple congolais afin de trouver les voies et moyens de sortir de la crise.

Si les mamans maraichères et les « Shégués » étaient présents au Palais de la Nation pour faire valider l’image du « président à l’écoute de la base », Félix Tshisekedi, a fait de la politique, beaucoup de politique, au cours de cette grand-messe des consultations. Parmi les personnalités politiques des camps adverses qui ont défilé sur le tapis rouge, le numéro un congolais s’est adjugé un soutien de taille, celui du patron de l’AFDC, Modeste Bahati Lukwebo. En retour, l’élu de Bukavu a en quelques jours, récupéré tout ce qu’il avait perdu notamment sa plateforme politique qui lui avait été subtilisée au profit de sa rivale, Néné Nkulu. Leader incontesté, au Sud Kivu, l’ex proche de Joseph Kabila pourrait compenser la perte d’influence de Félix Tshisekedi dans l’Est du pays après l’incarcération en juin 2020 de son directeur de cabinet Vital Kamerhe.

La mise en garde de l’armée contre la manipulation des politiciens

Durant cette période d’incertitude notamment sur le plan sécuritaire, Félix Tshisekedi a pu également enregistrer le soutien du patron de sa garde prétorienne le général Christian Tshiwewe, « En ces temps d’agitations politiques, l’armée est toujours exposée à l’instrumentalisation par les politiciens. Ils chercheront à vous utiliser afin d’influencer les autres… Prenez garde. Sinon, votre place sera en prison », a lancé le chef de la sécurité présidentielle lors d’une causerie morale mardi avec ses troupes. Une déclaration qui n’a fait que renforcer l’idée que le pays traverse l’une de ses pires crises deux ans après les élections qui ont marqué la première alternance démocratique dans le pays.

À quelques heures de son adresse à la nation, Félix Tshisekedi est dans une position délicate. Porté par la vague populaire dans la rebelle capitale Kinshasa devenue anti-Kabila au fil des ans, le Chef de l’État va devoir satisfaire son monde. Mais à quel prix ?