RDC, Félix Tshisekedi.

Par CAS-INFO

À Mbujimayi, fief de Félix Tshisekedi, on continue à célébrer le président proclamé vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018. Peu importe si la Cour constitutionnelle n’a pas encore validé les résultats. À l’initiative de Mgr Emmanuel Kasanda, plusieurs milliers des Mbujimayens ont pris d’assaut la Cathédrale de Bonzala, la plus grande de la ville. Objectif, remettre le futur président de la république entre les mains de Dieu.

Ainsi a déclaré dans sa prière l’évêque du diocèse de Mbujimayi tout en associant également toutes les filles et tous les fils de la province élus aux élections législatives comme le rapporte Radio Okapi.

« En attendant les résultats définitifs par la Cour Constitutionnelle, offrons au Seigneur le président élu Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. », a déclaré l’officiant dans son homélie. Avant d’ajouter, « Il symbolise aujourd’hui l’alternance tant attendue. ».


La Cathedral de Bonzola lors d’une messe en mémoire d’E.Tshisekedi le 13 février 2017

Malgré l’implication dans le processus électoral de l’Église Catholique qui, à travers la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), se trouve au cœur de la contestation de l’élection de Félix Tshisekedi, l’église locale de Mbujimayi a tenu à rendre grâce à Dieu pour un digne fils du terroir.

Pour les habitants de Mbujimayi, la joie est encore immense et peu importe les combines politiques à Kinshasa. « On allait pas quand même faire comme si on ne vient pas d’avoir nous aussi la chance de diriger le pays pour la première fois depuis que nous existons », explique Albert, un ancien conducteur de bus à la Minière de Bakwanga (MIBA), depuis des années au chômage technique comme un grand nombres des Mbujimayens.

La relance de la MIBA est en effet une des promesses majeures de Félix Tshisekedi. Principal employeur de la province du Kasaï-Oriental, la société d’extraction et de traitement de diamant est tombée en faillite au début des années 2000 en raison de la guerre et de la prédation des dirigeants qui se sont succédés provoquant un chômage de masse mais aussi un exode sans précédent des familles entières vers Kinshasa et Lubumbashi.

Bref, pour les gens de Mbujimayi, l’élection de Félix Tshisekedi est non seulement un motif de joie mais surtout une délivrance. Une réalité que le débat des chiffres à Kinshasa ne pourrait pas entamer.