L’Afrique n’a jamais été au temps au cœur d’un sommet du G20. Représenté à Hambourg par 3 dirigeants – Jacob Zuma pour l’Afrique du Sud, le seul pays à avoir accès dans ce club très fermé des États les plus industrialisés, Alpha Condé, le président en exercice de l’Union africaine et le président du Sénégal Macky Sall, qui était là surtout en tant que président du comité d’orientation du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD) – le continent a vu ses intérêts être défendus par un renfort sans précédent.

Pour autant, il n’y aura pas de plan Marshall pour l’Afrique. Encore moins des « enveloppes » à envoyer au sud de la méditerranée. Ainsi, a fait observé Emmanuel Macron. Car pour le président français, le défi de l’Afrique est beaucoup plus profond, « il est civilisationnel », a-t-il tranché évoquant les États « faillis », les transitions démocratiques « complexes », la transition démographique ou encore le terrorisme islamiste. Ce qui ne nécessite pas, selon la nouvelle doctrine de la France envers l’Afrique, de simple plan Marshall, ni des milliards accumulés.

Concrètement, la clé pour sortir l’Afrique de ses problèmes serait de donner plus de possibilités au secteur privé dans les domaines d’infrastructures, de l’éducation ou encore de la santé. Autrement dit, des domaines que ces « États faillis », selon l’expression d’Emmanuel Macron, ont, pour la plupart, démissionné.

Reste que, si l’Afrique est ainsi subitement revenue au centre des attentions européennes, il n’y a rien pour rien. L’Europe, à l’image de l’Allemagne d’Angela Merkel, avec son plan Compact with Africa déjà très active sur le terrain avec les Africains, entend bien aider autrement le continent que par le passé, pour s’aider elle-même dans le même temps.

Question. Cela suffira-t-il vraiment pour retenir les candidats à l’eldorado europeen toujours de plus en plus nombreux à prendre le risque sur la Méditerranée ? Il n’est pas interdit d’essayer.