Par Yvon Muya 

Il y a de signes de fracture qui ne trompent pas et ils sont de plus en plus visibles au sein de l’Opposition congolaise. Confrontés à une situation qui semble échapper à leur contrôle, les principaux partis se trouvant en dehors des institutions peinent à parler le même langage. Plus inquiétant, leurs divergences commencent même à être étalées sur la place publique.

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Bien malin celui qui oserait affirmer avec certitude la position de l’Opposition congolaise extra-institutionnelle après la publication du calendrier électoral le 5 novembre dernier. Si, le mardi, des déclarations similaires se sont enchainées pour rejeter la feuille de route de la CENI et exiger les élections au plus tard le 30 juin 2018, l’UNC, le MLC et le Rassemblement, se sont toutefois exprimés chacun de leur côté. « Nous nous réjouissons de la réaction identique de l’ensemble de l’Opposition face au calendrier électoral. Mais ç’aurait été mieux une signature conjointe », a déploré le président de l’UNC, Vital Kamerhe. La veille, une réunion destinée à la diffusion d’un communiqué commun avait dû être reportée. Sine die.




Par ailleurs, plus qu’une simple volonté de marcher bras dessous bras dessus, c’est sur le fond que l’Opposition a du mal à trouver un véritable compromis. Au sujet du rôle du chef de l’État dans les prochains mois d’abord. Le MLC, à l’instar des autres partis, appelle à la mobilisation « conformément à l’article 64 de la constitution », mais cela n’a pas empêché Fidel Babala, son membre influent et très proche de Jean Pierre Bemba, de soutenir, la veille, le maintien de Joseph Kabila à la tête du pays. « La realité est qu’il est chef de l’État jusque là. Bien qu’il ne soit plus légitime, c’est lui qui  doit organiser les prochaines élections », a-t-il insisté sur Top Congo.

Ce mercredi, c’est Christophe Lutundula, une des têtes pensantes du G7 – bien trop bienveillant envers le calendrier électoral aux yeux de Claudel Lubaya – qui s’est fait agripper, en direct sur twitter, par ce dernier. « Arrêtez de rêver, quittez les incantations. Ce pouvoir est incompatible avec les élections. Il ne les organisera jamais. La réponse est dans la mobilisation », a lancé le président de l’UDA au député de Katakokombe, proche de Moïse Katumbi, qui plaidait pour l’application des mesures de décrispation, « quelque soit le calendrier ».


Alors que le Rassemblement, le MLC et l’UNC vendent non sans peine l’idée d’une élection ramenée à juin 2018, l’UDA et l’Ecidé mobilisent pour la « rue ». Loin des déclarations « identiques » de trois principaux partis.