Avec nos équipes à Kinshasa 

Bien malin, celui qui aurait parié sur la disparition de l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, après la mort, le 1er février 2017, de son leader historique, Étienne Tshisekedi. La réponse apportée à cette question qui taraudait les esprits un an durant, a été cinglante, mardi, lors du premier meeting, test, du nouveau Président de la première formation politique de l’opposition en RDC : Félix Tshisekedi, fils du Sphinx décédé.

« Étienne Tshisekedi est un état d’esprit », ne cessait de clamer Daniel Safu, journaliste congolais engagé dans l’opposition. Une thèse peut être confirmée ce mardi. Alors que plusieurs dizaines de milliers des partisans ont pris d’assaut le boulevard Lumumba de Kinshasa pour escorter le nouveau patron de l’Udps avant de se joindre, avec lui, à l’autre marée humaine qui les attendait sur une Place Sainte Thérèse de N’Djili, bondée.

Vous m’avez investi candidat à la Présidentielle 

« À part le Leader [de son vivant] nul autre opposant ne peut ainsi faire tomber Kinshasa, Félix l’a fait », s’extase un militant, dans l’euphorie de N’djili. Des parts et d’autres du « terrain », on chante à la gloire de l’Udps, ou on appelle au départ de Joseph Kabila. Tshisekedi Fils, qui n’a pas encore pris la parole, savoure. Ils veulent le conduire jusqu’au Palais de la Nation.

Mais cette victoire, Félix Tshisekedi la veut dans l’unité de l’opposition. Voilà le moment qui change du père. Longtemps obstinée à faire cavalier seul, l’Udps version « Fatshi » veut la jouer collective. De quoi rassurer le reste de l’opposition, inquiète des appels du pied du Pouvoir déterminé à faire de Félix Tshisekedi le nouveau Premier ministre du Président Kabila. L’intéressé y a répondu en balayant d’un revers de la main « une nouvelle distraction » qui n’a pour seul objectif que de diviser. « Vous m’avez investi candidat à la présidentielle. Pourquoi devrais-je me rabaisser à la Primature », a-t-il ironisé. Les récentes rumeurs pourtant persistantes en ont pris pour leur grade.

Cette précision apportée, Félix Tshisekedi, qui a très vite repris les accents de son défunt père, peut à présent se poser en réparateur du Congo. Comme un certain Étienne Tshisekedi, il veut instaurer un État de droit. Un État dans lequel les Congolais vivent mieux. Un État où la corruption, à commencer par le sommet de l’État, est réprimée.

L’UDPS rallume la flamme de la lutte 

Dans l’opposition, l’événement a été suivi avec attention. Si tous les chefs des partis, candidats potentiels à la magistrature suprême, ne se sont pas précipités pour applaudir Fatshi, ils sont nombreux à saluer le succès de son baptême de feu et surtout les garanties d’un jeu collectif qu’il est prêt à jouer.

Sur twitter, le porte-parole de Moïse Katumbi, Olivier Kamitatu, pouvait ainsi saluer « un discours clair qui répond sans aucune ambiguïté aux interrogations en fixant une ambition tout en réaffirmant l’esprit d’équipe gagnant avec Moïse Katumbi, Antipas Mbusa Nyamwisi et tous les leaders de l’opposition ». Même tonalité du côté de Claudel André Lubaya pour qui, le meeting de Sainte Thérèse a « rallumé la flamme de la lutte contre l’arbitraire.

En pleines tractations en vue d’une approche commune pour aller unis aux élections de décembre 2018, Félix Tshisekedi envoie un message clair à l’ensemble de la classe politique congolaise qui doit continuer à compter avec l’Udps. Comme du bon vieux temps de l’opposant historique. Le Sphinx est mort, vive le Phénix ?