Par CAS-INFO

Le président congolais Félix Tshisekedi a accordé vendredi une grâce présidentielle à 28 condamnés dans l’assassinat de l’ancien président Laurent Désiré Kabila. Parmi eux, le condamné à mort le plus célèbre du pays, le colonel Eddy Kapend.

Le colonel Kapend croupissait à la prison de Makala depuis 15 ans après avoir été condamné, avec 49 autres co-accusés, à la peine capitale. Malgré le prononcé de ce verdict, l’ancien assistant militaire de M’zée n’avait cessé de clamer son innocence. Sa cause avait ensuite été portée par plusieurs ONG de défense des droits de l’homme, lesquelles demandaient sans relâche la réouverture du procès « pour trouver les vrais coupables ».

Cette thèse a fait son chemin au fil des ans, y compris parmi les plus proches du défunt président. « Les gens qui sont en prison, je ne pense pas que c’est eux [les coupables]. Ils ont porté le chapeau. Il était difficile de trouver les vrais auteurs de cette infamie », admettait l’ancien vice-président Yerodia Abdoulaye Ndombasi interrogé dans le cadre du documentaire « Meurtre à Kinshasa » du journaliste belge Arneau Zajtman. « Se mettre à défendre cette cause que ce n’est pas eux qui ont tué M’zée, qu’il faut les libérer, il faut avoir la solution de rechange. », a même ajouté le « camarade » Yerodia qui s’exprimait plus de deux ans après la fin du procès.

Pour Joseph Kabila, c’est une nouvelle décision qui risque d’envenimer un peu plus les relations déjà très tendues avec son successeur. Depuis le début de l’affaire Eddy Kapend, l’ancien président et fils de Laurent Désiré Kabila est resté inflexible. « Il y a eu deux ou trois assassinats aux États-Unis des présidents de la république. On a amnistié combien de ces assassins ? », s’est-il même interrogé lors d’une conférence de presse à Kinshasa.