Luhaka, Kamerhe

Par CAS-INFO

Retour à la case prison. Le Directeur du Cabinet du Chef de l’État a vu sa demande de remise en liberté provisoire être rejetée samedi. Placé en détention préventive dans le cadre de la vaste affaire de détournement de fonds publics, Vital Kamerhe, reste à la maison d’arrêt de Makala pour 15 jours supplémentaires, a décidé le tribunal de Paix de Kinshasa Matete. Le patron de l’UNC a dévoilé sa ligne de défense sans convaincre les instructeurs.

‘’Étant donné que les enquêtes sont en cours et qu’il existe des indices sérieux de culpabilité’’, le Ministère public a sollicité qu’il soit ordonné la mise en détention préventive de l’inculpé ‘’pour  ne pas entraver le déroulement normal de l’instruction ‘’, indique le Procès-verbal.

57 millions de dollars disparus ?

Bien avant, l’Avocat Général de la république, Sylvain Kaluila Muana, avait détaillé les charges retenues contre le leader de l’UNC. Il lui reproche, entant que Directeur du Cabinet du Chef de l’État et superviseur des travaux du programme d’urgence de 100 jours, d’ ‘‘avoir détourné de fonds de l’État en passant par le mécanisme d’attribution des marchés de gré à gré à des entreprise fictives’’.

Des accusations très graves et des sommes faramineuses disparues dans la nature. Soit, 47 millions de dollars versés via la Rawbank à la société de construction Samibo du libanais Jammal Samih, déjà écroué, sans jamais servir à la construction de 5000 maisons préfabriquées ou encore 10 millions de dollars transférés à l’entreprise Trade Plus pour la fourniture des médicaments. Problème, Trade Plus n’exerce pas dans le domaine pharmaceutique mais en quincaillerie. Un tour de passe-passe qui aurait même conduit cette entreprise douteuse, à commander des produits ayant atteint la date de péremption et impropres à la consommation, a déploré le Ministère public.

« Aucun contrat ne porte ma signature »

Vital Kamerhe a bien entendu rejeté toutes les accusations à son encontre en renvoyant la balle à d’autres acteurs qui semblent un peu oubliés selon lui par la justice. « Il a nié en bloc toutes les accusations », peut-on lire dans le Procès-verbal.

‘’Tous les marchés publics qui existent entre la République et les tiers ont été hérités du Gouvernent Tshibala et aucun contrat de marché public de gré à gré ne porte [ma] signature », s’est défendu Vital Kamerhe arguant qu’il n’était pas de la responsabilité du Directeur de Cabinet du Chef de l’État de suivre l’affectation des fonds payés par la Banque dans des comptes des entreprises concernées.

‘‘’[…] car il y a toute une équipe qui était chargée de la supervision des travaux [notamment] des ministres en fonction à l’instar de Thomas Luhaka, Willy Ngopos et le Gouverneur de la Banque centrale du Congo qui ne sont nullement inquiétés’’, a lancé Vital Kamerhe dans des propos repris dans le Procès-verbal. Également pointé du doigt, l’actuel ministre de la Santé Eteni Longongo pour avoir fait expertiser l’entreprise Trade Plus.

Actuellement ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Thomas Luhaka était quant à lui aux commandes du portefeuille des Travaux publics et Infrastructures au sein du gouvernement Tshibala. Avant de cohabiter au même poste avec le programme d’urgence de 100 jours.