Par CAS-INFO

Faire de la politique c’est aussi faire, non seulement de la communication, mais aussi, de la contre-communication. Et ça, la Majorité présidentielle l’a bien compris.

Acculé par l’Église Catholique depuis le succès de la marche du 31 décembre 2017 dont tout le monde, y compris la communauté internationale, parle et réclame les explications, le pouvoir congolais doit de nouveau composer avec une nouvelle manifestation du même Comité laïc de coordination, programmée le dimanche 21 janvier 2018. Seulement voilà, la Cenco, silencieuse, lors de la première initiative, s’est prononcée. Et les autorités congolaises y trouvent matière à ambiguïté.

En effet, dans sa correspondance adressée à l’archevêque de Kinshasa, le Cardinal Monsengwo, si, le président de la CENCO Mgr Marcel Utembi note que le CLC est une Association reconnue dans un des diocèses, il a quand même pris soin de souligner que la Cenco « n’assumait pas l’organisation de la marche ». Plus tard, dans la lettre, le chef de la Cenco recommande toutefois à chaque diocèse de « voir comment accompagner les laïcs qui souscrivent librement à cette initiative pour qu’ils restent dans la dynamique de l’appel de la Cenco ». Mais pour la MP, la faille était déjà là.

C’est le président du Parti Action et ancien ministre, Kin Kiey Mulumba, qui a déployé ses talents de journaliste pour mettre au grand jour l’ambiguïté du message de l’épiscopat. Sur son compte twitter, l’ancien ministre de l’information l’a brandie tel un trophée. « Gros malaise à la Cenco », s’est-t-il exclamé avant d’ajouter, « la lettre du 15 janvier de l’archevêque Président Marcel Utembi s’éloigne encore plus du CLC et du Cardinal Monsengwo, ‘n’assume pas’ la marche du 21, ‘attire l’attention’ du Cardinal, l’exhorte à la plus grande réserve et à revenir à la logique CENCO ». À chacun son interprétation ?

Face au mouvement de contestation des Catholiques qui prend de l’ampleur, la ligne de contre-attaque du Pouvoir a en effet toujours été d’essayer d’isoler le Cardinal Monsengwo dans une soutane politique, plutôt que de l’admettre en chef d’église incontestable qu’il est. Au lendemain de la marche du 31 décembre, la MP, par la bouche de l’un de ses communicateurs, Papy Tamba, ne s’était pas empêché de saluer la Cenco, « qui n’avait pas pris part à cette manifestation », qui, selon le pouvoir congolais, n’était que l’œuvre d’ « une organisation politique qui a pu séduire quelques prélats de l’église catholique dont l’archevêque de Kinshasa. ».