Par CAS-INFO

Un collectif des mouvements citoyens, leaders des organisations des jeunes, exige l’annulation de la convention sur la prise en charge des soins de santé et frais funéraires des agents de l’État ainsi que leurs familles.
Dans une correspondance adressée au premier ministre Jean Michel Sama Lukonde, ce jeudi 18 aout, avec copie pour information au chef de l’état Félix Tshisekedi parvenue à notre rédaction, ces mouvements citoyens ne sont pas partis par quatre chemins pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « coup économique pour enrichir deux ou trois personnes ».
«  Excellence Monsieur le Premier Ministre, vous pouvez vous en douter, ce qui apparait comme une action sociale, humaniste et salvatrice pour les fonctionnaires de l’état et leurs familles, n’est en réalité qu’un grand coup économique orchestré par une grande machine politique en vue d’un enrichissement sans cause », peut-on y lire d’entrée.
Ces mouvements citoyens disent s’y opposer, pas parce qu’ils sont contre les soins de santé des fonctionnaires de l’état, mais parce que la procédure légale dans la passation des marchés publics, n’a pas été respectée, avec pour objectif de se remplir les poches en utilisant un prétexte humaniste. D’où ces interrogations au chef du gouvernement.
« Excellence Monsieur le Premier Ministre, ce projet ambitieux nous parait, nous, organisations de la société civile opaque, parce que l’hôpital censé prendre en charge ces fonctionnaires de l’état et leurs dépendants n’est pas connu. Et s’il existerait un hôpital dans ce sens, peut-on nous brandir des documents relatifs à l’appel d’offre, dont le processus avait été validé par la DGCMP ? Les hôpitaux du pays étaient-ils mis sur un même pied d’égalité pour soumissionner en vue d’être retenus, une fois dans les critères ? Quels sont les critères sur base desquels avait-on retenu l’institution sanitaire qui a gagné le marché ? Nous dira-t-on que pour ce projet, l’urgence s’est imposée afin de procéder au marché de gré à gré ? Et quand il faudrait parler de gré à gré, peut-on nous brandir l’avis de non objection de la DGCMP ? C’est dire, Excellence Monsieur le Premier Ministre, que le coté salvateur vanté dans ce projet, n’est juste qu’un prétexte pour enrichir deux ou trois personnes », ont-ils soutenu.
L’autre raison évoquée dans leur correspondance, c’est le « caractère sélectif » de ce projet qui, selon eux, ne devrait pas être confondu au processus de maitrise des effectifs de la Fonction Publique.
« Ici, il s’agit non, de combattre des agents fictifs, mais d’alléger la charge des fonctionnaires de l’état à se faire soigner. Dans ce cas, parler de la prise en charge des fonctionnaires de l’état détenteurs de la carte biométrique, est une opération de charme pour les bénéficiaires, afin de les pousser à regarder vers la carte biométrique qui, elle, ferait les affaires économiques de certains individus engagés dans ce projet. Aussi, l’attribution des cartes biométriques parait utopique pour les fonctionnaires de l’état vivant dans le Congo profond et qui font face à l’enclavement numérique des leurs entités », font-ils savoir au premier ministre.
Pour eux, Jean Michel Sama Lukonde doit s’impliquer pour obtenir l’annulation de cette convention et relancer le processus des appels d’offre.
«Excellence Monsieur le premier ministre, étant le gérant de la vie quotidienne des citoyens congolais, étant un bon père de famille, nous vous approchons afin de tirer au clair cette affaire en pesant de tout votre poids pour annuler la signature de la convention sur la prise en charge des soins de santé et frais funéraires des agents de l’État ainsi que leurs familles, lancer des appels d’offres en définissant un critérium sur base duquel retenir un hôpital pour la prise en charge des soins de santé des fonctionnaires de l’état », ont-ils conclu.
Pour rappel, le gouvernement a procédé, jeudi 28 juillet dernier, à la signature de la convention sur la prise en charge des soins de santé et frais funéraires des agents de l’État ainsi que leurs familles. Ce contrat a été signé par le Vice-premier ministre en charge de la Fonction Publique Jean-Pierre LIHAU accompagné du ministre de Finances Nicolas KAZADI, et de le vice-ministre du Budget Élisée BOKUMWANA.