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Vital Kamerhe, pourquoi, il «rechoisit»Joseph   Kabila

Fin Août, l'ancien président de l'Assemblée rompt avec les forces de l'opposition et rallie le dialogue de la Cité de l'Union Africaine. 

25 Août 2016 | Par Yvon Muya 


 


RDC | POLITIQUE | 19 Décembre

RDC : Sept jours chrono, voyage vers le 19 décembre

Des manifestants anti Kabila le 19 septembre 2016 à Kinshasa (photo Sonia Rolley - rfi.fr)Des manifestants anti Kabila le 19 septembre 2016 à Kinshasa (photo Sonia Rolley - rfi.fr)

12 décembre 2016 | Par Yvon Muya


Une semaine. Pas plus. Juste sept jours. Et les Congolais seront fixés. De quel côté va basculer la République Démocratique du Congo ? Dans le Chaos ou vers une transition apaisée ? Ces questions se posent, alors qu’un dialogue « de la dernière chance » a commencé à Kinshasa. Supervisée par la très respectée église catholique.

Face à face, ce n’est plus le pouvoir et une frange minoritaire de l’opposition [qui ont conclu un accord politique contesté le 18 octobre], mais les stratèges du pouvoir (Norbert Nkulu Kilombo, Alexis Thambwe Mwaba, Lambert Mende et les autres) contre les « durs » du Rassemblement (Valentin Mubake, Martin Fayulu, Olivier Kamitatu et les autres).

Interrogé sur le débat autour de la fin du mandat de Joseph Kabila, Me Nkulu Kilombo répondait ceci dans le journal Le Monde en Juillet dernier : « Il suffit de la lire [cette constitution] pour balayer les arguments des opposants et de la communauté internationale ». Réponse à distance. De Valentin Mubake. Dès son arrivée jeudi au centre interdiocésain, le conseiller politique d’Étienne Tshisekedi n’a pas tardé à mettre les points sur les "i" : «Nous ne sommes pas venus négocier sur la Constitution». Bref, il y a de l’artillerie lourde de deux côtés. Mais quelles sont les marges de manœuvre du pouvoir et de l’opposition ?

Dimanche, dans un communiqué signé par Étienne Tshisekedi, le Rassemblement a annoncé que l’opposant historique prendra la parole à l’issue des travaux pour adresser un message aux Congolais. Pour dire quoi ? Point d’interrogation. En attendant, la coalition de l’opposition veut maintenir la pression sur le pouvoir en réclamant la retransmission en direct des négociations. Pour le Rassemblement c’est une façon de rassurer ses partisans majoritairement favorables à l’affrontement. Alors que des bruits de fond commencent à présenter les discussions en cours comme ayant pour objectif le partage du pouvoir.

Du côté de Joseph Kabila, le temps n’est pas, vraiment, un grand ami. Sept jours. Désormais. Et le mandat est fini. Comment franchir le cap du « 19 » sans souffrir d’illégitimité ? C’est en gros, l’enjeu pour le chef de l’État dans ce dernier combat à la Cenco. Car la force, Kabila la possède et en a fait la démonstration à plusieurs reprises. La seule différence est qu’après le « 19 », la donne change. Malgré l’arrêt de la Cour constitutionnelle [qui autorise le président à garder son poste], une partie de la population considère qu’il ne devrait pas. Comment, dans ces conditions diriger le pays avec le risque d’une contestation de longue durée ? Comment se maintenir dans ce climat de défiance avec une majeur partie de la communauté internationale. Ce lundi, l'Union européenne annonce des sanctions contre des hauts responsables du régime. Tandis que (inquiétant), la Chine, allié du pouvoir et dorénavant hostile à l’ingérence dans les affaires internes des États concedait lundi dernier une situation politique «instable». Ici et là, c'est le moins qu'on puisse dire, les signaux sont au rouge.  

La campagne « Bye bye Kabila » lancée par les Mouvements pro démocratie, la Lucha et Filimbi, bien que timide, demeure un danger potentiel. Sur le modèle du Burkina Faso ou encore du printemps arabe, ces associations « anarchisantes », pour reprendre l’expression du ministre de l’intérieur, restent une énigme. Capable, à tout moment, nul ne le sait, de faire basculer la situation.

Il est, donc, fort à parier que, s’il veut rester après le « 19 », Joseph Kabila payera un grand prix afin de rassurer tout ce beau monde. On peut penser que le président s’engagera à ne pas briguer un 3e mandat. Il pourrait aussi accepter les élections en 2017. Deux décisions suffisantes pour baisser la tension. Mais aussi, au dépend du président, pour déclencher une guerre de succession au sein de la Majorité.

La semaine de tous les dangers (enjeux) s’ouvre pour l’avenir de tout un pays.

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