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Vital Kamerhe, pourquoi, il «rechoisit»Joseph   Kabila

Fin Août, l'ancien président de l'Assemblée rompt avec les forces de l'opposition et rallie le dialogue de la Cité de l'Union Africaine. 

25 Août 2016 | Par Yvon Muya 


 


POLITIQUE

RDC : le retour triomphal et très politique d’Étienne Tshisekedi

27 juillet 2016 Yvon Muya

Étienne Tshisekedi escorté par de nombreux kinois à destination de son domicile à Limete, Photo SR. Étienne Tshisekedi escorté par de nombreux kinois à destination de son domicile à Limete, Photo SR.

Étienne Tshisekedi a regagné Kinshasa ce mercredi 27 juillet. L’opposant historique congolais avait quitté la République Démocratique du Congo en 2014 pour de raison de santé. Une situation qui l’avait éloigné de son pays et de sa « base » pendant deux ans. Rétabli, physiquement, mais aussi politiquement, lui qui n’a jamais arrêté de faire la politique, le chef de fil de l’UDPS est de retour à la maison.  Et quand Tshisekedi rentre, c’est toute une ville de Kinshasa, son fief électoral, qui s’arrête ou presque.

Dès les premières heures du matin, les militants de la première heure avaient déjà pris d’assaut le boulevard Lumumba qui mène à l’aéroport de Njili. Ils sont suivis en début d’après-midi par les responsables des partis politiques. Parmi eux, Martin Fayulu de l’ÉCIDé qui donne tout de suite le ton politique de l’événement : « Le retour d’Étienne Tshisekedi représente le début du départ de Joseph Kabila », a déclaré le coordonnateur des FAC, les Forces Acquises au Changement.

À Bruxelles, quelques heures plutôt, une image fait déjà le tour des réseaux sociaux : Moïse Katumbi rend visite à Étienne Tshisekedi avant que ce dernier ne s’envole. « À bientôt » lui lance le «vieux». Ces ceux-là…ont des choses à nous dire.

Moise Katumbi rend visite à Étienne Tshisekedi avant que ce dernier ne prenne son avion à Bruxelles, le 27 juillet 2016. Moise Katumbi rend visite à Étienne Tshisekedi avant que ce dernier ne prenne son avion à Bruxelles, le 27 juillet 2016.                                                                                                                                   Kinshasa quelque heures plus tard. L’avion de celui qui est désormais président du « Rassemblement », la plateforme issue de Genval, prévu à 11 heures, tarde à atterrir. Il est 13h30, on commence à s’impatienter dans les rangs de l’UDPS. « Nous avons eu un accord avec les autorités. S’il n’arrive pas, on demandera au peuple de s’assumer », tempête Bruno Tshibala de l’UDPS qui va jusqu’à imaginer un complot.  Non. Pas de complot. Car le jet qui transportait le couple Tshisekedi n’était plus si loin. Comme l’a confirmé le commandant de l’aéroport international de Njili, alerté par les rumeurs faisant état de manœuvres pour retarder l’atterrissage.

 

          « Un retour qui n’inspire rien »

L’intervention du patron de l’aéroport pour éteindre la rumeur sera la seule réaction d’un fonctionnaire du gouvernement congolais dans cette ambiance électrique des partisans d’Étienne Tshisekedi. Le gouvernement qui assiste au même moment à l’inauguration par le chef de l’État d’un musée de la RDC a, quant à lui, fait mine de ne rien savoir. Laissant le soin à la télévision nationale à laquelle « le seul événement [celui des travaux du musée, Ndlr] intéressait » de s’en charger. Ou encore à l’Association Kabila Désir de rappeler les propos du ministre en charge des relations avec le parlement, la veille, sur tv5.

                                                                                                                                           

Ses partisans donc, et pas les kinois simplement. Combien étaient-ils alors ? Plusieurs milliers ? 100 mille comme a compté France 24 ? Pour Olivier Kamitatu, un des artisans du « Mouvement Katumbi », un million de kinois se sont mobilisés pour le « Sphinx » de Limete, s’autorise-t-il, avant de savourer sur twitter.

Depuis Bruxelles, l'ancien gouverneur qui s'imagine aussi fouler le sol kinois, lui que le gouvernement menace d'écrouer, donne aussi de la voix.

Moïse Katumbi et Olivier Kamitatu comme tous les autres cadres du « Rassemblement », Jean-Bertrand Ewanga, Jean-Claude Nvuemaba, Christophe Lutundula et Mwando Nsimba, présents au bas de la passerelle du jet de Tshisekedi, le savent : la bataille du « peuple » sera capitale au moment crucial. Alors que le dialogue semble en panne et que Tshisekedi et ses alliés ont récusé le facilitateur.

Dimanche 31 juillet, Tshisekedi et le Rassemblement se retrouvent, sans doute, encore, avec de nombreux kinois, pour un « grand meeting » et devraient réitérer leur refus de participer au comité préparatoire du dialogue.

Absent du pays depuis deux ans, il a continué à occuper le débat. De retour, Étienne Tshisekedi dont l'entourage annonce une conférence de presse avant le 31 juillet, sera, à coup sûr, au centre du jeu politique dans ce pays qui ne sait toujours pas où il va.

 

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