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Vital Kamerhe, pourquoi, il «rechoisit»Joseph   Kabila

Fin Août, l'ancien président de l'Assemblée rompt avec les forces de l'opposition et rallie le dialogue de la Cité de l'Union Africaine. 

25 Août 2016 | Par Yvon Muya 


 


RDC : Joseph Kabila enterre la stratégie du silence et opte (brusquement) pour l'affrontement

Le président de la RDC Joseph Kabila au Congrès (Archives). Le président de la RDC Joseph Kabila au Congrès (Archives).

15 novembre 2016 | Yvon Muya

Il y avait du tout. Aux accents nationalistes Lumumbistes pour dénoncer l'ingérence étrangère, à la mise en garde contre une frange de la classe politique qui veut prendre en otage toute la République. En 48 minutes, Joseph Kabila a complètement changé sa stratégie face à la crise politique. Il rompt le silence et vient d'opter pour l'offensive.

Premier symbole de ce changement de fusil d'épaule, le moment le plus attendu de son discours : ses intentions sur son avenir politique. Plus besoin de se cacher. Joseph Kabila renvoie tout le monde à la constitution.

« Quant à tous ceux qui semblent se préoccuper à longueur des journées de mon avenir politique, je tiens à dire tout en les remerciant, que la République démocratique du Congo est une démocratie constitutionnelle et que toutes les questions pertinentes relatives au sort des institutions et leurs animateurs sont réglées de manière satisfaisante par la Constitution », a rappelé le chef de l'État. Autrement dit, la Cour constitutionnelle a déjà tranché. Je reste en fonction jusqu'à l'élection de mon successeur.

Rarement, aussi, Joseph Kabila s'est autant attaqué frontalement à ses adversaires qui « veulent voir le sang couler pour accéder au pouvoir ». Une allusion, sans doute, au chef de fil du Rassemblement. Dans une interview au journal britannique The Guardian la semaine dernière, Étienne Tshisekedi avait estimé qu'il y aurait guerre civile si Kabila ne quitte pas le pouvoir à la fin de son mandat le 19 décembre 2016. Aujourd'hui encore les réactions dans les rangs du Rassemblement ne laissent aucun doute sur la logique de l'affrontement qui s'installe désormais entre les deux camps

Pourquoi Kabila passe à l'offensive ?

Pour le chef de l'État le temps est précieux et il n'en a plus beaucoup. Théoriquement, c'est dans un mois et 4 jours que son mandat prend fin. Alors, Joseph Kabila joue sur tous les tableaux. Le dialogue lui a offert un accord, mais pas le consensus qu'il a tenté de chercher à travers les dernières négociations avec le Rassemblement via la Cenco. Mais ces cartes de la méthode douce semblent épuisées pour le numéro un Congolais qui a conjugué ces négociations au passé.

Face à l'intransigeance de la coalition réunie autour des poids lourds de l'opposition, le président de la République s'est peut-être résolu de durcir le ton. C'est incontestablement le choix opéré par le président ce mardi. Se replier sur son camp, présent à l'applaudimètre dans la salle du Congrès. Montrer que c'est lui le patron et qu'il est prêt à affronter tous ceux qui s’apprêtent à le défier à la fin de l'année.

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