La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Centre d'Analyse et de Stratégies

Bureau d'études et de recherche sur la RDC et l'Afrique

CAS-INFO

Site d'information, d’enquête et analyse dépendant de CAS


 

Vital Kamerhe, pourquoi, il «rechoisit»Joseph   Kabila

Fin Août, l'ancien président de l'Assemblée rompt avec les forces de l'opposition et rallie le dialogue de la Cité de l'Union Africaine. 

25 Août 2016 | Par Yvon Muya 


 


RDC | DIALOGUE | CENCO

RDC : Cerné, Joseph Kabila se résout à un nouveau dialogue

Joseph Kabila président de la RDC devant le parlement réuni en congrès le 15 novembre 2016 (photo AFP - rfr.fr). Joseph Kabila président de la RDC devant le parlement réuni en congrès le 15 novembre 2016 (photo AFP - rfr.fr).

08 Décembre 2016 | Par Yvon Muya

 

Après un dialogue politique clôturé en grande pompe le 18 octobre 2016 à Kinshasa, la classe politique congolaise se réunit de nouveau dans la capitale. Un nouveau forum facilité par l’église catholique qui entend désamorcer la crise à quelques jours de la fin du mandat du chef de l’État. Sous la pression internationale, mais aussi de l’opposition réunie sous la bannière du Rassemblement, Joseph Kabila s’est résolu à ces nouvelles négociations. Quitte à désavouer son propre camp.

 

Moins d’un mois après la signature de l'Accord politique à la cité de l’Union Africaine, un nouveau dialogue s’ouvre ce jeudi 8 décembre à Kinshasa, annonce la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, Cenco. Ces nouvelles discussions, les congolais les doivent au fléchissement inédit de la position des autorités Congolaises. En particulier, du chef de l’État.

Alors que la Majorité présidentielle venait de décréter « l’échec » de la mission de bons offices menée par l'église catholique, Joseph Kabila a pris à contre-pied ses propres lieutenants en encouragent la Cenco à poursuivre sa mission.   

« Le chef de l’État a réitéré son attachement au respect de la Constitution et de l’Accord politique du 18 octobre 2016 entant que feuille de route relative au règlement des divergences sur l’organisation du processus électoral en République Démocratique, les observations des uns et des autres pouvant faire l’objet des discussions entre les acteurs politiques et sociaux en vue de l’enrichissement éventuel de l’Accord, dans les formes requises », tempérait lundi un communiqué de la présidence de la république. Loin du discours très offensif du président le 15 novembre dernier devant le Congrès.

Le compte à rebours    

Il faut dire que la République Démocratique du Congo vit au rythme des aiguilles d’une montre et pour le chef de l’État le temps est compté. Théoriquement, le mandat de Joseph Kabila expire dans moins de deux semaines. À mesure que la date fatidique du 19 décembre approche, la communauté internationale craint de nouvelles violences dans le pays.

Congédié début novembre à l’issue d’une visite à Kinshasa au cours de laquelle Joseph Kabila est resté imperturbable, le Conseil de sécurité des Nations-unies a alerté lundi sur le « risque de déstabilisation que l’absence de règlement rapide et consensuel de la crise politique faisait peser sur le pays et la région dans son ensemble ».

Même la Chine, traditionnellement réservée sur les questions de politique intérieure des États a fait part de ses inquiétudes reconnaissant « un processus politique à un stade critique » et une situation sécuritaire « fragile ».

 À l’intérieur du pays, les mouvements citoyens Lucha et Filimbi ont lancé une campagne dénommée « Bye Bye Kabila » et la diaspora congolaise majoritairement hostile au pouvoir s’organise pour mener des actions afin de réclamer le départ du chef de l’État le 19 décembre.  Bref, un véritable climat de défiance auquel Joseph Kabila semble avoir choisi de répondre par l’apaisement. 

À quoi s’attendre à l’issue de ce dialogue « bis » ?

Après le dialogue supervisé par l’Union Africaine, c’est la question que tout le monde se pose. Député et membre de l’UNC, le professeur Sam Bokolombe a peut-être trouvé la bonne formule.  Dans un tweet, il a estimé que « l'accord du 18 octobre sécrétait des faiblesses sur certains points essentiels » et que « les compatriotes du Rassop aideront à y mettre l'accent », a précisé ce proche de Vital Kamerhe.

Cet "accent" pourrait ressembler au fameux « régime spécial » que prône le Rassemblement en lieu et place du gouvernement de transition décidé dans l’Accord. Là où la présidentielle a été renvoyée à Avril de 2018, celle-ci pourrait finalement être reculée de quelques mois en 2017 comme le demande l’ensemble de la communauté internationale, mais aussi l’église catholique. L’autre exigence posée par l’opposition tshisekediste concerne la composition de la CENI. Jugée trop proche du pouvoir, l'équipe de Corneille Nangaa risque de faire les frais du compromis attendu.

Restera le sort de Joseph Kabila. Son maintien à la tête du pays contre un engagement de ne pas briguer un troisième mandat pourrait être la solution qui arrange tout le monde. Enfin, presque tout le monde.  

Laissez votre commentaire dans le respect mutuel et sans insultes.

Lire également