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Vital Kamerhe, pourquoi, il «rechoisit»Joseph   Kabila

Fin Août, l'ancien président de l'Assemblée rompt avec les forces de l'opposition et rallie le dialogue de la Cité de l'Union Africaine. 

25 Août 2016 | Par Yvon Muya 


 


POLITIQUE

Présidentielle en RDC : la rue, le jeu diplomatique et (toujours) l’inconnu

21 juillet 2016 | Par Yvon Muya

Des kinois fuyant pour se mettre à l’abri lors des manifestations contre un projet de modification de la loi électorale, Janvier 2015Des kinois fuyant pour se mettre à l’abri lors des manifestations contre un projet de modification de la loi électorale, Janvier 2015

La fin du mois s’annonce explosive en République Démocratique du Congo. Dans la capitale Kinshasa particulièrement. D’abord parce que celle-ci s’apprête à vivre le retour de l’opposant historique et chef de fil de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, Etienne Tshisekedi le 27 juillet. Absent du pays depuis deux ans, le vieux leader, 84 ans, revient, auréolé d’un large rassemblement d’une bonne partie de l’opposition, obtenu après le conclave de Genval en juin denier.

Double président. De son parti l’UDPS, mais aussi du comité des Sages du Rassemblement, la plateforme issue de la banlieue Bruxelloise, Tshisekedi a le don de drainer des foules. « Le retour d’Étienne Tshisekedi montrera de quel côté se trouve le peuple », promet d’ailleurs son fils Felix qui a accusé le « camp d’en face » lundi sur tv5 Monde, de multiplier des subterfuges « pour ne pas aller aux élections avant le terme du mandat de Joseph Kabila ».

Le procès du « glissement » le gouvernement devra l’entendre siffler fort dans ses oreilles. Alors que l’opposition, avec Étienne Tshisekedi, se rassemble le 31 juillet au Stade des Martyrs de la Pentecôte de Kinshasa pour notamment « réclamer la tenue des élections dans les délais constitutionnels ».

                     La Majorité aussi se mobilise

Mais pas question pour la Majorité Présidentielle de laisser l’opposition occuper tout le terrain. Dans un communiqué diffusé mercredi, la MP a, à son tour annoncé un rassemblement le 29 juillet 2016 au Stade Tata Raphael. Officiellement, les partis au pouvoir font le rappel des troupes « dans le but de soutenir la campagne de sensibilisation de l’Autorité Morale [chef de l’État, Ndlr] sur la nécessité de l’enrôlement et du dialogue politique, national et inclusif. Mais organisé deux jours après le retour du patron de l’UDPS et deux jours avant le meeting de l’opposition, cette reunion de l’équipe d’Aubin Minaku aura un calcul : grignoter à l’opposition le terrain médiatique en cette fin de mois.

Qui de la Majorité ou de l’opposition remplira le stade ? les kinois, coutumiers de ce genre de calcul n’hésiteront pas à sortir les calculettes. Pour l’heure c’est surtout, la question de savoir qui de deux camps, a le plus de soutien international, qui prévaut. En effet, la fin du mandat du chef de l’État se joue également dans les chancelleries. Avantage opposition ? Pas si sûr.

            À l’international aussi majorité et     opposition comptent leurs « amis »

Certes, pour l’opposition congolaise les dernières semaines ont été les plus « productives » avec les sanctions du Trésor américain prononcées contre le Général Célestin Kanyama, chef de la police de Kinshasa le 23 juin, le voyage très commenté de Moïse Katumbi, candidat déclaré du G7 à la présidentielle, aux États-Unis ou encore la toute récente rencontre au ministère français des affaires étrangères entre Étienne Tshisekedi, accompagné de l’ancien gouverneur du Katanga et les envoyés spéciaux de la communauté internationale dans la région des Grands Lacs. Une offensive diplomatique couronnée mercredi 20 juillet par une résolution de la chambre législative belge qui recommande au gouvernement de la Belgique de réclamer la tenue des élections, en particulier, la présidentielle, dans les délais constitutionnels, sous les acclamations d’Olivier Kamitatu sur twitter…

Certes, disions-nous, l'opposition est très brillante sur la scène internationale, mais c'est loin d’être totalement perdu pour Joseph Kabila, malgré les échecs répétés de la diplomatie congolaise. A la mobilisation massive des opposants dans les capitales occidentales, le chef de l’État a répondu par un repli régional, en s’affichant du 17 au 19 juillet parmi ses pairs, à Kigali, à l’occasion du 27e Sommet de l’Union Africaine. Engagé dans une intense campagne en vue de la prolongation du bail du chef de l'État au Palais de la Nation, le ministre chargé des relations avec le parlement Truphon Kin Kiey Mulumba n'a pas raté cette occasion d'envoyer le message le message.

La RDC n’était pas le sujet principal de la conférence des chefs d’États. Mais comment peut-on imaginer Joseph Kabila au Rwanda parmi les plus réticents contre l’interventionnisme occidental sur le continent, à l’instar de…Paul Kagamé, ne pas évoquer une crise qui se profile à vol d’oiseau de Kigali. Interrogée par Jeune Afrique juste avant le début des travaux, la ministre rwandaise des affaires étrangères Louise Mushikiwabo l’a clairement affirmé : « l’important, c’est que les élections se passent dans le calme et la stabilité ». Avant d’ajouter à propos du report probable et sensible des élections au-delà du 19 décembre 2016 : « quant aux décisions concernant le timing des élections en RD Congo ainsi que cette histoire de ‘’glissement’’ … ce sont là des questions purement souveraines ».  

Rose Mushikiwabo sait de quoi elle parle au sujet de la « souveraineté ». En Octobre 2015, en plein bras de fer avec les États-Unis, alors opposés à la réforme constitutionnelle censée ouvrir la voie à un 3e mandat pour Paul Kagamé, le parlement Rwandais avait voté le texte malgré les pressions de Washington.

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