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Vital Kamerhe, pourquoi, il «rechoisit»Joseph   Kabila

Fin Août, l'ancien président de l'Assemblée rompt avec les forces de l'opposition et rallie le dialogue de la Cité de l'Union Africaine. 

25 Août 2016 | Par Yvon Muya 


 


Poing levé, entouré des policiers, « une image qui rappelle Tian'anmen», ose Ginette Martin, ambassadrice du Canada en RDC

Luc, militant de Filimbi arrêté lors de manifestations contre le maintien du chef de l'État les 19 et 20 décembre 2016 à Goma.  Luc, militant de Filimbi arrêté lors de manifestations contre le maintien du chef de l'État les 19 et 20 décembre 2016 à Goma.

27 décembre | Par Yvon Muya

 

La répression qui continue à cibler des jeunes contestataires hostiles au pouvoir en République Démocratique du Congo a-t-elle fini par entamer l’obligation de réserve à laquelle sont tenus les diplomates en poste à Kinshasa ? C’est le moins qu’on puisse dire après la sortie, lundi, sur Twitter, de l’ambassadrice du Canada en RDC. Dans son « tweet », Ginette Martin n’a pas hésité à comparer Luc, le militant de la Lucha arrêté à Goma, dans la foulée des interpellations massives qui ont émaillé les évènements des 19 et 20 décembre, à l'homme de Tiana'anmen en Chine.

Luc. « L’homme de Tian'anmen ». Son poing levé, accompagné d’un cri de rage, tel un signe de défiance face aux forces de l’ordre qui l’entourent, rappelle, en effet, ce manifestant chinois inconnu qui défie les chars de l’armée chinoise lors des émeutes des étudiants en 1989.

Un homme, à gauche de l'image, sac à la main, défie les chars de combat de l'armée chinoise près de la place Tian'anmen lors des émeutes de 1989. Un homme, à gauche de l'image, sac à la main, défie les chars de combat de l'armée chinoise près de la place Tian'anmen lors des émeutes de 1989.

La comparaison de Ginette Martin est loin d’être un hasard ni un fait anodin. Comme en RDC, Cette année 1989 est agitée en Chine. Lassés par la corruption, les étudiants, puis les intellectuels qui sont rejoints par les ouvriers prennent la rue pour réclamer non seulement des réformes, mais aussi, un peu plus de démocratie. Le mouvement est réprimé dans le sang. Jusqu’à l’apparition de ce courageux (photo ci-dessus). Filmé par la presse étrangère, l’homme réussit, à mains nues, à immobiliser une colonne de 17 chars de combat qui se dirigeait vers les manifestants.

Luc s’en est-il inspiré ? Difficile de le savoir. Toujours est-il que ce geste est, depuis, devenu l’un des symboles de bravoure face à la répression.

« Des jeunes qui ne réclament que leurs droits de vivre dignement »

La contestation en RDC est montée d’un cran à mesure que la fin du mandat du chef de l’État approchait. Une détermination à en découdre avec les autorités portée par les mouvements citoyens Lucha et Filimbi, à travers la campagne « Bye bye Kabila ». Mais la réponse de l’armée et de la police a été musclée. Des centaines d’arrestations dénombrées par les ONG. Des victimes. Entre 9 et 26 morts, voire une centaine, selon les sources. Sans oublier la disparition de Gloria, la jeune militante de la Lucha dont les proches sont «sans nouvelles» depuis une semaine. 

Des camions des policiers lors des manifestations à Kinshasa (photo récupérée sur www.hrw.org)Des camions des policiers lors des manifestations à Kinshasa (photo récupérée sur www.hrw.org)

De quoi faire bondir le Cardinal Laurent Monsengwo. Dans son homélie de Noël samedi soir (lire à ce sujet notre article), Le prélat a rappelé qu’il était révolu, « ce temps où l’on cherchait à conserver le pouvoir par les armes, en tuant son propre peuple, ces jeunes qui ne réclament que leurs droits de vivre un peu plus dignement », s'est-il indigné. Sortant, lui aussi, de l’obligation de réserve.

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