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Vital Kamerhe, pourquoi, il «rechoisit»Joseph   Kabila

Fin Août, l'ancien président de l'Assemblée rompt avec les forces de l'opposition et rallie le dialogue de la Cité de l'Union Africaine. 

25 Août 2016 | Par Yvon Muya 


 


POLITIQUE

Impasse politique en RDC : jusqu’où le facilitateur n’a pas pu aller ?

10 Août 2016 | Par Yvon Muya

Edem Kodjo, ancien premier ministre du Togo et facilitateur du dialogue politique en RDC désigné le 14 janvier 2016. Edem Kodjo, ancien premier ministre du Togo et facilitateur du dialogue politique en RDC désigné le 14 janvier 2016.

En République Démocratique du Congo, le dialogue qui doit aider à trouver une solution à l’impasse politique a toujours du mal à se mettre en place. L’opposition conditionne sa participation à ce forum à une série des préalables dont le remplacement du facilitateur. La majorité s’y oppose et tient au maintien d’Édem Kodjo. Ce dernier a écarté mercredi toute idée de démissionner.

A trois mois d’une présidentielle, désormais, incertaine et à quatre mois de la fin du mandat du chef de l’État, nous tentons de comprendre le rôle éventuel d’Edem Kodjo dans le blocage ou l’échec programmé du dialogue et comment le pays peut s’en sortir.

 

Que devait faire Edem Kodjo ?

Pour évaluer le bilan de l’ancien premier ministre togolais et tenter de comprendre le blocage actuel, il convient d’abord de définir la mission du « facilitateur ». Dans le domaine de négociation la théorie élaborée par les chercheurs américains William Ury et Roger Fisher est la plus utilisée. Elle peut se résumer en ceci :

« Le « facilitateur » fait naître les meilleures idées au sein d’un groupe tout en protégeant et même en renforçant les relations de confiance entre les membres du groupe ainsi que leur capacité à travailler ensemble »

Désigné en janvier 2016 par l’Union Africaine, sur (quand même) demande de la présidence de la république, alors que l’ONU venait d’échouer à en nommer un, les premiers propos du facilitateur laissent tout de suite peu de chance au renforcement des relations de confiance entre les membres du groupe RDC.

À l’issue de sa rencontre avec le chef de l’État le 22 janvier 2016, il est interrogé sur les soupçons de l’opposition quant à un éventuel glissement de calendrier, Edem Kodjo dénonce « les procès d’intentions dommageables à ce type de dialogue ».

Acte deux. La rencontre, le 17 juin 2016 entre Edem Kodjo et Etienne Tshisekedi se solde par un échec. La veille, l’ancien premier ministre togolais venait de déclarer que le dialogue qu’il facilite était celui convoqué par le chef de l’État et non celui que recommande la résolution 2277 du conseil de sécurité des Nations unies. Prenant le contre-pied de l’opposition. La suite, on la connait : la récusation à n’en point finir…

 

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Comment réussir à former un groupe des « dialogueurs » ?

Le premier défi, déjà abimé, notamment par Edem Kodjo lui-même, est, tel que Roger Fisher et Williams Ury le rappellent, d’améliorer les relations entre les parties. Aujourd’hui, quelles sont-elles ?

Entre le chef de l’État qui renvoie les élections à une fin imprécise du fichier électoral, le chef du groupe PPRD Emmanuel Shadari qui assure détenir la puissance de la rue et Étienne Tshisekedi qui appelle « le peuple » à se prendre en charge le 20 décembre, les relations, on le voit, sont explosives. Sans compter celles de plus en plus polluées entre le facilitateur lui-même et l’opposition qui le récuse en série.

 

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Face à l’impasse, trouver un moyen de dépasser les positions fixes des parties

Jusqu’ici, les parties congolaises campent sur leurs positions et celles-ci se renforcent chaque jour davantage : la garantie (voir l’injonction) que Joseph Kabila part le 20 décembre et la libération des détenus politiques pour l’opposition. Le dialogue sans conditions et sans interrogation sur les intentions du président pour la majorité qui ne cache pas pour certains comme Kin-Kiey Mulumba, son désir de voir le président continuer.

En s’attardant sur ces différentes questions, de manière tout à fait légitime, Edem Kodjo et le panel d’expert qui l’a accompagné ont longtemps gardé le curseur sur les positions. Or celles-ci ne bougent. Il s’agit là d’un moyen peu efficace d’atteindre un accord pouvant amener MP, Rassemblement et Dynamique à s’asseoir autour de la table. Étant donné que la négociation des positions (départ de Kabila, dialogue sans garantie d’élections) a souvent tendance à nuire les relations déjà bien difficiles entre les parties. Pour preuve, les noms d’oiseaux et menace d’affrontements n’ont jamais atteint des niveaux aussi inquiétants.

Il est donc indispensable de changer de fusil d’épaule. Edem Kodjo ou son successeur éventuel devrait très vite faire basculer les discussions sur les « gains mutuels ». Sur la préservation des « intérêts » de chaque camp (organisation des élections et contrôle du processus) . En clair, il va falloir traiter séparément les questions de personne et le conflit lui-même.

En se concentrant sur les intérêts et non sur les positions, le facilitateur qui qu’il soit aura l’avantage d’obtenir que l’opposition se penche un peu plus sur les moyens à mettre en place pour obtenir la présidentielle ensemble avec la majorité au lieu de s’obstiner sur la personne de Kabila.

Par ailleurs, Il pourra donner aux uns et aux autres la possibilité de poser ce genre de question : que peuvent Joseph Kabila et sa majorité gagner sans laisser susciter les craintes dans le chef de l’opposition, et vis vers ça ?  L’église catholique qui est entrée en jeu mercredi va-t-elle changer la donne dans cette direction ?

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