Par Yvon Muya

Les bonnes nouvelles s’accumulent pour le chef de file du Mouvement de libération du Congo. Plus d’un mois après son acquittement des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ayant conduit à sa libération le 8 juin 2018 par la Cour pénale internationale, Jean-Pierre Bemba va revenir en grande force sur la scène politique en RDC.

Vendredi, à l’issue de son Congrès de deux jours, le MLC a désigné à l’unanimité l’ancien vice-président candidat à la présidentielle du 23 décembre 2018. Un choix que l’intéressé a accueilli en direct de Bruxelles d’où il est intervenu au téléphone. « Je vous remercie pour la confiante que vous me faite », a-t-il lancé avant d’ajouter qu’il se préparait pour « revenir bientôt au pays ».

Un retour désormais officiellement facilité par un document devenu précieux parce que tant recherché par certains opposants en RDC : le passeport. Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, le candidat malheureux de la présidentielle de 2006 a reçu ce vendredi 13 juillet 2018 son passeport diplomatique lui délivré par le Gouvernement. « Le passeport diplomatique demandé a été remis aujourd’hui à Fidèle Babala [et] plus rien n’empêche désormais son retour au pays », a confié à nos confrères une source au ministère des Affaires étrangères.

Après dix ans en détention, le « Chairman » vient bousculer l’agenda politique en RDC. En particulier celui de l’opposition, à cinq mois des élections. Dès sa désignation comme candidat à la présidentielle, le MLC n’a d’ailleurs pas tardé à prévenir les autres partis que l’ancien patron de l’Ecofin allait être proposé comme candidat unique de l’opposition. « Bemba connait le pays mieux que quiconque, il parle Tshiluba, le Lingala, le Swahili et le Kikongo », chantaient ses partisans rassemblés vendredi au Centre Nganda de Kinshasa. Faisant ainsi échos au discours des cadres qui ne jurent que sur l’« enfant du Congo » pour la future bataille des urnes. « Il est l’homme de la situation », ne s’empêchait pas déjà de trancher Ève Bazaïba, Secrétaire générale du MLC, dès l’annonce de la décision de la CPI de relâcher son champion.

Un candidat de poids de plus dans les rangs de l’opposition et un MLC gonflé à bloc, qui font les affaires des autorités congolaises. Celles-ci, maîtres des institutions et de l’agenda électoral n’ont pas ainsi boudé leur plaisir de surfer sur la vague Bemba pour coincer davantage l’ambitieux Moïse Katumbi, considéré comme le favori des sondages. Car là où l’ancien gouverneur du Katanga fait le pied de grue des mois durant pour renouveler son passeport, le candidat du MLC n’aura mis que deux semaines pour s’arracher le sésame.