Par CAS-INFO

Les nouveaux mandataires des entreprises publiques récemment nommés par ordonnances présidentielles vont devoir patienter. C’est en tout cas ce que leur fait indirectement savoir le ministre du portefeuille. Clément Kuete évoque la crise sanitaire en cours et instruit les équipes intérimaires en place de continuer à fonctionner.

Près de deux semaines après leur nomination, les mandataires de quatre principales sociétés commerciales de l’État, à savoir, la SCPT, RVA, LMC et CADECO, n’ont pas encore été installés. Et pour cause, le ministre du portefeuille Clément Kuete, chargé de la notification des nominés et de la tenue des Assemblées Générales Ordinaires, n’a pas encore enclenché la procédure.

Dans une correspondance datée du 19 juin 2020 adressée aux directeurs généraux ai sortants de sociétés précitées dont CAS-INFO s’est procuré une copie, le ministre FCC évoque les contraintes liées à la pandémie de Covid-19 pour encourager les directeurs sortant de continuer à travailler.

« En attendant l’accomplissement des formalités réglementaires desdits ordonnances présidentielles, notamment la notification des nominés et la tenue des Assemblées Générales Ordinaires en vue de leur nomination en qualité de membres de leurs Conseils d’administration respectifs […], procédures frappées à ce jour de force majeure que constitue l’état d’urgence sanitaire dicté par la pandémie de la maladie à Covid-19 et les restrictions des mouvements de personnes sur le territoire national qu’elles impliquent, je vous autorise à continuer de poser les actes de gestion courante de vos sociétés », écrit Clément Kuete aux mandataires sortants.

Cette initiative a surpris à la présidence de la république où on estime que le ministre a « dépassé la ligne rouge ». Dans le cercle de Félix Tshisekedi on ne s’explique pas qu’un membre du gouvernement, de surcroît responsable du portefeuille, fasse subordonner l’exécution des ordonnances du Chef de l’Etat à des formalités réglementaires « superflues ».

« La pandémie de Covid-19 n’arrête pas le fonctionnement des institutions », fait remarquer une source à la présidence. Celle-ci évoque l’exemple du Chef de l’État qui interagit par vidéo conférence avec les membres du gouvernement en plein état d’urgence.

Le refus de notifier et de convoquer des Assemblées Générales de ces entreprises dont la quasi-totalité des mandataires entrant et sortant sont à Kinshasa est un mépris voire de l’insubordination envers le Chef de l’Etat, s’insurge-t-on toujours à la présidence.

« Si l’on en croit Kuete, tant que durera la pandémie de la Covid-19, les nouveaux mandataires ne seront jamais installés. », s’emporte-t-on au plus haut sommet de l’État.

Cet épisode n’est pas sans rappeler le feuilleton de la Gecamines et la SNCC et ne fait que renforcer un peu plus la défiance au sein de la coalition FCC-CACH au pouvoir.