Par CAS-INFO

Ils étaient attendus et ils n’ont pas déçu. Les parents proches de Vital Kamerhe cités à comparaître à titre de renseignants, ont pris la parole jeudi au procès de 100 jours organisé à la prison de Makala. À tour de rôle, Daniel Massaro, neveu du directeur de cabinet du Chef de l’État, Soraya Mpiana, la belle fille, Amida Shatur, l’épouse, et Justin Kamerhe, le jeune frère du prévenu, ont offert l’une des soirées d’audience qui restera dans les annales de la justice congolaise.

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Dans le rôle du One man show, Daniel Massaro, s’est présenté le premier à la barre, avec une seule idée en tête: s’offrir en « messie » pour la famille. « Il m’a fait un cadeau et m’a demandé, je le mets au nom de qui ? Un seul nom m’est venu en tête, celui de Soraya », plaide d’emblée, et presqu’au bord des larmes, Daniel Massaro. Il est alors interrogé sur l’acquisition d’une parcelle offerte par Samih Jammal et attribué à Soraya. « Je me rends compte à quel point j’ai fait du mal à ma famille en donnant ce nom [de Soraya]. Je profite de cette occasion pour présenter mes excuses à ma famille ». Daniel Massaro dévoilait, à cet instant, sa stratégie: prendre sur lui toute la responsabilité et épargner son oncle. Quitte à chercher un bouc émissaire ailleurs. Et la victime n’était loin, le conservateur des titres immobiliers, venu, lui aussi, témoigner. « Je ne lui ai jamais donné les pièces d’identité de Soraya. Qu’il nous dise comment il les a obtenu pour établir les documents », lance Massaro à l’agent du service foncier. 

« Je n’en sais rien »

L’accusation est bien sûr facile à balayer pour le fonctionnaire mis en cause. « Je ne connais ni Soraya ni Massaro, comment pourrais-je établir le titre d’acquisition sans la participation de l’acquéreur », réplique le témoin. Avant d’ajouter, du haut de ses quatre ans d’expérience: « c’est comme quand vous venez acheter une parcelle pour votre fils, je n’ai pas à vous demander une procuration car elle n’est pas nécessaire », insiste l’agent immobilier. De quoi déstabiliser Massaro ? Loin delà. D’autant plus que le neveu de Vital Kamerhe pouvait compter sur un appui de taille, celui de Soraya, en personne.

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« Je n’en sais rien », a ainsi, clamé, la jeune femme. De la parcelle, dont il est question, Soraya ne l’a apprise que sur les réseaux sociaux. « J’ai été surprise quand je l’ai apprise », répète-elle, acculée par les avocats de la partie civile.

Les cadeaux de mariage

Bref, pour la famille Kamerhe, face à ses adversaires, c’était parole contre parole. Comme le démontre à son tour, Justin Kamerhe, sur le dossier Husmal. Mais, surtout, Amida Shatur. Elle n’a pas la fougue de Daniel Massaro mais son calme et son éloquence, que le Congo vient sans doute de découvrir avec admiration.

L’épouse de Vital Kamerhe affronte les questions de la partie civile et les inquiétudes de celle-ci sur des versements effectués sur son compte bancaire en 2019. « Pas de versement mais de l’argent que j’ai versé sur mon compte », lance, à l’avocat de la république, celle qui se définit alors comme une commerçante dans l’immobilier. Au delà du business, madame Kamerhe, récemment mariée à son époux, pouvait aussi plaider des cadeaux. Des centaines de milliers de dollars mais aussi des voitures offerts par les convives.  « Alors, qu’il me dise, les versements dont il parle viennent de quelle planète ? ».