Par CAS-INFO

C’est un Vital Kamerhe très offensif qui s’est présenté lundi la barre à l’ouverture de son procès à la prison de Makala. Alors que l’examen du détournement présumé des fonds alloués au programme d’urgence du président Félix Tshisekedi ne fait que commencer, le directeur de cabinet du Chef de l’État a annoncé ses couleurs. Il n’entend pas céder au jeu des «petits pièges à gauche à droite», du ministère public, a fait remarquer l’ancien opposant dès sa prise de parole.

« Ce programme n’est pas le fruit de monsieur Kamerhe »

« Je voudrais d’abord, votre honneur, noter que nous n’avons pas suivi la lecture des Procès-verbaux que nous avons demandés toute à l’heure. Personnellement je suis un intellectuel. Je sais que devant pareille situation tout peut arriver. ». Tout. Y compris une condamnation à de la prison qui pourrait entraver les ambitions politiques du leader de l’UNC. Alors, pas question de se laisser coller l’étiquette du seul patron du programme de 100 jours.

« Il s’agit du programme du président de la république. Ce programme n’est pas le fruit de monsieur Kamerhe. Ce programme est avant tout élaboré et approuvé par le Chef de l’État lui-même avant sa mise en exécution. », a-t-il insisté.

Mis en place deux mois après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, ce programme était censé soulager un tant soit peu la population congolaise en l’absence d’un nouveau gouvernement issu des élections de décembre 2018. Mais je [ne] suis intervenu [qu’au]« nom du président de la république pour que ces travaux se fassent et que nous puissions répondre aux besoins du peuple congolais dans le secteur de l’éducation, de la santé, des routes et même [concernant] la gratuité de l’enseignement. », a martelé le prévenu.

« Une bourde »

Directeur de cabinet, donc, et pas, superviseur des travaux, fait remarquer le ministère public. « Mais est-ce que l’un est incompatible avec l’autre ?», réplique, combatif, Vital Kamerhe, avant de lancer : « Je ne dis pas que je suis superviseur. Nous étions une équipe de neuf personnes. En plus de ces neuf, il y avait la coordination, assurée par monsieur Nicolas Kazadi, ambassadeur itinérant du Chef de l’État. ». Pour « VK », la ligne de défense semble se dessiner dès l’entame du procès.

« La stratégie de la défense se précise : revendiquer les garanties procédurales et plaider l’implication collective de tous les membres de la coordination du programme dans la délinquance. Le prévenu Vital Kamerhe refuse qu’on fasse focus sur lui et de mourir seul. », analyse Sam Bokolombe, professeur du droit pénal à l’Université de Kinshasa. Pour lui, c’est une stratégie à double tranchant. « C’est une bourde que de citer les gens qui une fois invités à la barre pourraient venir le charger. Ses avocats ont du boulot », estime le spécialiste.

En attendant, Vital Kamerhe, a réitéré sa demande de remise en liberté provisoire. Réponse du tribunal  dans les prochaines heures.