Par CAS-INFO

L’opposant congolais Martin Fayulu a critiqué sévèrement la gestion du pays dans plusieurs domaines en ce moment en RDC. Depuis son confinement aux États-Unis, l’ancien candidat à la présidentielle de 2018 n’a pas épargné les dirigeants actuels au pouvoir.

«La RDC est à feu et à sang : massacres en Ituri, insécurité croissante dans les grandes villes, troupes étrangères en expédition dans les quatre coins du pays, incompétence dans la gestion du Covid-19, corruption endémique. ». Dans un tweet, ce jeudi, le leader de l’Ecidé peint un tableau sombre de la situation politique, sécuritaire et sanitaire dans le pays avant d’assener: «Vous avez détourné la volonté du peuple pour cela ?». En référence aux élections perdues de 2018 dont il revendique toujours la victoire.

Les critiques de l’ex candidat ont, comme il fallait s’y attendre, suscité des réactions, en particulier de la part des partisans du Chef de l’État Félix Tshisekedi. La plupart lui reprochant de ne rien proposer de constructif ou encore d’être resté caché loin à des milliers de kilomètres.

Les problèmes soulevés par Martin Fayulu restent cependant réels. Notamment sur le plan sécuritaire. Dans la province de l’Ituri, la semaine s’est terminée par des nouveaux massacres, une vingtaine de personnes appartenant à l’ethnie Hema, assassinées par des miliciens non identifiés, selon des sources locales contactées par l’AFP.

Ailleurs dans le pays, la ville de Lubumbashi dans le Haut Katanga a pris de façon étonnante la pole position des villes les plus dangereuses du pays en raison de la montée du banditisme, vol à mains armées et meurtres. Le week-end dernier, la police a présenté à la presse un groupe de trente personnes, civiles et militaires, identifiées comme les auteurs de ces forfaits. Sans pourtant réussir à endiguer le phénomène.

Au sujet de la gestion de la pandémie du coronavirus, la RDC enregistre à ce jour 1730 cas confirmés avec 60 décès. C’est beaucoup moins du bilan de l’Afrique du sud et ses plus de 12000 cas et plus de 200 morts. Mais c’est aussi un décompte supérieur à celui des pays de la région. Le Rwanda (287 au 14 mai), l’Angola (45 au 5 mai) ou encore la Zambie (446 au 14 mai) enregistrant à eux trois moins de 1000 personnes touchées à ce jour. Sans compter le scandale de trafic de dépouilles qui a provoqué un tollé à Kinshasa.