Par Yvon Muya

En République Démocratique du Congo, la lutte contre la pandémie du Coronavirus se fait sur fond des tensions. Après le confinement raté, de la capitale Kinshasa, qui a fait beaucoup de bruits, une nouvelle polémique agite depuis ce week-end le pays: la possibilité, envisagée par l’épidémiologiste en chef, le docteur Jean-Jacques Muyembe, de voir la RDC subir prochainement des essais cliniques d’un vaccin expérimental contre le Covid-19 produit aux États-Unis, au Canada ou en Chine.

S’assurer de l’efficacité du vaccin

‘’Nous avons été choisis pour faire ces essais’’, a bombardé vendredi, le spécialiste, provoquant une vague de protestations. Avant de convoquer une nouvelle conférence de presse pour ‘’apaiser la tension dans la population’’ et assurer qu’aucune vaccination n’allait commencer en RDC ‘’sans que le vaccin soit testé au paravent en Amérique et ailleurs’’. Le mal était déjà mais à quoi sert justement un essai clinique d’un vaccin ?

Organisé et pratiqué sur l’Homme, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), définit l’essai clinique comme une recherche biomédicale dont l’objectif est de développer des connaissances biologiques ou médicales. Concrètement, note toujours l’ANSM, en l’utilisant sur des malades, le comité d’essai cherche à vérifier si le nouveau médicament est, premièrement, ‘’efficace’’. Ensuite, s’il peut ‘’tolérer’’ le corps du malade. Dans la négative, les risques d’une participation à un essai peuvent être multiples, prévient par exemple la Société canadienne du cancer (SCC), auteure de plusieurs campagnes sur les essais cliniques dans la lutte contre le cancer.

Parmi les risques potentiels, le patient peut s’exposer à des effets secondaires imprévus, lesquels ‘’pourraient même être plus graves que ceux causés par les médicaments ou les traitements standards.’’, explique la SCC. Une perspective qui a souvent prévalu dans les arguments avancés par les opposants aux essais envisagés à Kinshasa.

Un nouveau vaccin et des volontaires aux États-Unis

Si les effets secondaires sont redoutés, les comités d’essai s’attendent souvent à plusieurs avantages, à la fois pour les participants et pour toute la communauté. Pour les premiers, ils seront simplement… premiers à bénéficier du nouveau médicament, si celui-ci se révèle être efficace, assure la Société canadienne du cancer. Ils permettront dans le même temps de mettre à la disposition des autres un traitement vital.

Telle semble la mission que se sont donnés 45 volontaires aux États-Unis où un nouveau vaccin contre le Coronavirus, le mRNA-1273, est en train de voir le jour.

‘’L’essai clinique ouvert va inclure la participation de 45 adultes volontaires en bonne santé âgés de 18 à 55 ans pendant environ six semaines’’, indiquaient, à la mi-mars, les Instituts nationaux de santé américains. Dans un communiqué, les autorités sanitaires américaines ont précisé que l’essai devait passer par différentes phases ‘’afin de déterminer si le vaccin est efficace et sécurisé’’. De quoi convaincre des nouveaux candidats ?