Par CAS-INFO

La dernière sortie médiatique du Président du Sénat sur la radio privée Top Congo, après concertation avec son homologue de l’Assemblée nationale au sujet de la convocation du Congrès a été un véritable pavé dans la marre.

Dans ses déclarations dans un style on ne peut plus irrévérencieux, Alexis Thambwe Mwamba affirmait que le Congrès était convoqué pour  » régulariser une situation de fait ». En clair, le Speaker de la Chambre Haute a considéré que le Chef de l’État a intentionnellement pris une décision en violation de la constitution.

Si la sortie médiatique de ATM a soulevé le tollé sur la toile tant sur la forme que le fond, à la Présidence de la république cette question a été prise très au sérieux et révèle une démarche ambiguë.

Selon des sources dignes de foi du sérail présidentiel, les présidents des deux chambres du Parlement avaient reçu il y a quelques jours deux personnalités de haut rang, émissaires du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi auprès de qui ils avaient exprimé leur mécontentement sur l’ordonnance décrétant l’état d’urgence. Ces doléances ont été rapportées fidèlement au Chef de l’État qui avait promis de les recevoir ce mardi 14 avril.

Au moment où la Présidence de la république s’apprêtait à recevoir les deux chefs de corps, grande a été sa surprise d’entendre par la voie des ondes le président du Sénat faire sa lecture du droit allant jusqu’à préconiser un mécanisme juridique de « régularisation » dont lui seul connaît le fondement juridique.

Sur le plan strictement juridique, il y a lieu de noter que le Président de la république avait décrété l’état d’urgence conformément à la constitution qui lui donne plusieurs possibilités pour y parvenir. Dans cette perspective, à la date du 22 mars, le Chef de l’État avait reçu en consultation à la Cité de l’Union Africaine les Présidents des deux chambres du parlement. Au sortir de l’audience, Mme Mabunda avait déclaré à la presse présidentielle avoir échangé avec le Chef de l’État sur les mesures idoines à prendre pour lutter efficacement contre le Covid-19 et qu’elle laissait la primeur au Chef de l’État.

Le Président de la république a d’ailleurs été réconforté dans le respect de la légalité avec l’arrêt de la Cour Constitutionnelle déclarant conforme à la constitution l’ordonnance sur l’état d’urgence. Tandis que pour Thambwe Mwamba et Jeannine Mabunda, le fait d’engager le Congrès dans une procédure inexistante les place dans une position offensante.

Au plan politique, la sortie du président du Sénat met dangereusement la coalition FCC-CACH en mal et est de nature à perturber le bon fonctionnement des institutions.

«Le fait pour les deux personnalités de s’ériger de manière cyclique en Censeur des faits et gestes posés par le Président de la république est la preuve que les deux chefs de corps n’ont pas de respect envers les autres institutions particulièrement la première institution du pays : le président de la république.», confie notre source.

«La démarche de Thambwe Mwamba et Mabunda est superflue dès lors qu’ils s’arrogent le pouvoir d’interprétation des lois que la constitution ne leur reconnait pas. », analyse pour CAS-INFO un autre observateur dans les milieux présidentiels.

Il est clair que la sortie médiatique des deux cadres du FCC met sérieusement en mal les rapports cordiaux entre les institutions. Cette attitude heurte aussi le bon sens, la déontologie et l’éthique des deux speakers, estiment également nos interlocuteurs. À l’image du Porte-Parole du Chef de l’État, Kasongo Mwema, ils sont nombreux à la Présidence de la république, à exiger des excuses publiques de deux dirigeants des Chambres législatives, pour, nous dit-on, «leur excès de langage. ».