Par CAS-INFO

Son nom symbolise le système Kabila qu’il a rejoint fin 2005 après l’avoir combattu avec les rebellions RCD et le MLC de Jean Pierre Bemba. Depuis, Alexis Thambwe Mwamba (76 ans) n’a plus chômé. Déjà ministre et mandataire public sous le régime dictatorial du Maréchal Mobutu, ce natif de Kindu a enchaîné des portefeuilles ministériels sous Kabila. Des affaires étrangères à la coopération internationale en passant par la justice, alors qu’officiellement, il n’appartient à aucun parti membre de l’ex majorité présidentielle. Le voilà, encore, préféré par Joseph Kabila, pour diriger le sénat. Alors que le FCC ne s’est pas totalement remis de la brouille provoquée par la désignation de deux membres du PPRD à la primature et à la présidence de l’Assemblée nationale, le choix de Thambwe Mwamba à la chambre haute du parlement vient agiter davantage le navire Kabiliste.

Bahati, un scénario à la Kengo ?

Plusieurs caciques de l’ancien régime lorgnaient sur le perchoir du Sénat. Si certains convoité le stratégique poste discrètement, Modeste Bahati, Président de l’AFDC (deuxième force politique du FCC), n’est pas allé par le dos de la cuillère pour exprimer ses ambitions. Dans un courriel adressé la semaine dernière à la coordination du Front, l’AFDC avait transmis la liste de ses prétendants au fauteuil. « Bahati y a cru jusqu’au bout », commente un membre du bureau politique du FCC. Mais à sa place, Joseph Kabila, a porté son choix sur Thambwe Mwamba avec qui il aurait des liens familiaux. Une décision qui vient fissurer davantage un Front déjà fragile. Mécontents, les Bahatistes promettent le miracle à la Kengo. En effet, en 2007, Léon Kengo, candidat indépendant à la présidence du Sénat avait battu le candidat de la majorité, Léonard She Okitundu. « L’AFDC déposera la candidature de son président, le camarade Modeste Bahati pour la présidence du Sénat », a confié une source contactée par CAS-INFO.

S’il va jusqu’au bout, Bahati ouvrirait clairement un front contre l’ancien président. Lui qui n’est pas à son premier essai. En plein second mandat de Joseph Kabila, il avait déjà, avec d’autres ministres, pris la tête d’une fronde anti-Kabila, avant de rentrer dans les rangs. Mais dans un contexte d’alternance et où Kabila ultra dominateur dans les deux chambres du Parlement devient de plus en plus renforcé, l’ancien ministre a-t-il les moyens pour résister ?