Par Yvon Muya

C’est officiel. La Republique Démocratique a désormais à sa tête deux chefs. Il ne s’agit pas de Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Mais du premier cité… avec Dieu.

Devant des milliers des Chrétiens rassemblés dimanche au stade des Martyrs à Kinshasa, le président congolais a confié la direction du pays au Créateur. « Je dédie solennellement en ce jour la RDC entre tes mains ô Éternel notre Dieu et soumets ma nation tout entière à ton autorité suprême. », a lancé le chef de l’État dans une déclaration solennelle sous forme de prière. Avant d’ajouter, « Assieds-toi sur le trône de ce pays et règne en Maître absolu. Sois le Roi du Congo et prends la place qui t’es due ».

Un discours inédit. D’abord politiquement. C’est pour la première fois en 60 ans d’indépendance qu’un président se livre de façon aussi transparente devant ses concitoyens. Ensuite, spirituellement, car même si ça ne reste qu’une allocution sans incidence réelle sur les institutions, Félix Tshisekedi vient d’inventer un nouveau mode de cogestion du pouvoir en introduisant ce bicéphalisme « divin-politique » dans la structure politique du pouvoir. En tout cas dans l’imaginaire collectif des Congolais. Dans un pays à écrasante majorité chrétienne, le président croyant sait qu’il n’a pas prêché dans les oreilles des sourds. Déjà fortement soutenu par la « base », le voici désormais avec un nouvel allié de taille avec lequel il cogère le pays : Dieu.

Une alliance avec un Dieu jaloux 

Un pays dirigé par deux pouvoirs, politique et divin, ces rares exemples sont à trouver de nos jours dans les États islamiques comme l’Iran. Ici, le président gouverne sous l’imposante autorité spirituelle d’un Ayatollah. La légation de la RDC au « Maître absolu » proclamée par Félix Tshisekedi pourrait davantage ressembler au cas d’Israël millénaire raconté dans la Bible. Avec un duo composé du roi David dans le rôle de dirigeant politique et de guerrier et le prophète Samuel représentant la bouche de Dieu.

Ouvert, aux pasteurs de la myriade d’églises que compte le pays, Félix Tshisekedi ne manquera sans doute pas de trouver son prophète Samuel pour matérialiser sa prière. En revanche, en ce qui le concerne entant que David et guerrier, pour propulser la RDC vers le développement tant désiré, tout dépendra du cœur avec lequel le Chef de l’État s’engage dans cette relation à haut risque avec un Dieu « jaloux », qui punit la corruption (l’iniquité), selon les Saintes Écritures.