Par Jean Pierre K.

Finie, la trêve politique. Officieusement décrétée pendant les trois jours qu’ont duré les funérailles d’Étienne Tshisekedi. Le Sphinx de Limete a été inhumé samedi soir dans la périphérie de Kinshasa. Place aux affaires politiques courantes.

Dès ce lundi, explique le journaliste John Lungila, la politique devrait reprendre ses droits. Pour ce chroniqueur de la politique congolaise à la chaine de télévision Congo Web, la formation du gouvernement devrait être la priorité des priorités. Au pouvoir depuis presque cinq mois, Félix Tshisekedi n’a, en effet, toujours pas de gouvernement. Après moult tractations, il a nommé le 20 mai dernier le PPRD Sylvestre Ilunga Ilunkamba au poste de Premier ministre. Pendant que les discussions se poursuivent entre le FCC et sa coalition, Cap pour le Changement (Cach), en vue de la formation de l’équipe de ce tant attendu gouvernement.

Des discussions qui vont reprendre dès ce lundi, confirme à CAS-INFO, Serge Kadima, un cadre du PPRD. « Il s’agit de faire une mise en cohérence sur le programme du futur gouvernement et définir également les grands principes, notamment le format et la taille de ce gouvernement, ainsi que le profil des membres qui vont composer cette équipe », ajoute notre interlocuteur.

Ces négociations qui se poursuivent à Kisantu dans la province du Kongo-Central achopperaient sur le quota à accorder à chaque camp et les très convoités ministères régaliens. Fort de son imposante majorité dans les deux chambres du parlement, le Front Kabiliste entend bien s’adjuger le plus gros morceau du gâteau pour ne laisser que quelques miettes à son partenaire de CACH. Ce que tente toutefois de minimiser la coalition du Chef de l’État. « Ce sont des choses que nous gérons avec beaucoup de discrétion, il ne faut plus frustrer nos amis du FCC », exhorte un haut cadre de CACH, qui a requis l’anonymat.

Notre source prévient néanmoins que ces ministères de souveraineté, « tout le monde sait qu’ils relèvent du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat ». Dans les deux camps on est au moins d’accord sur une chose. Qu’en cas de blocage les délégués se remettront à l’arbitrage de deux leaders (Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, ndlr).

Vainqueur de la dernière présidentielle à laquelle le dauphin de Joseph Kabila a été battu, Félix Tshisekedi et l’ancien président ont opté pour une coalition gouvernementale, qui tarde à se mettre en place.