Par Yvon Muya

Ce sont des mots qui résonneront dans les oreilles du Chef de l’État tout au long de son mandat. Alors que la cérémonie d’hommages à Étienne Tshisekedi prenait fin au stade des Martyrs, samedi, l’Archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, a pris la parole pour lancer un message puissant. À tous les Congolais mais surtout au fils de l’illustre disparu qui porte désormais les destinées de tout un peuple.

Vers la terre promise de la prospérité

«De la même manière que Moïse, depuis le mont Nébo, aperçut la terre promise, sans y entrer, il vous revient désormais comme Josué de parachever l’idéal socio-politique de votre illustre père », a déclaré le prélat en s’adressant directement à Félix Tshisekedi. Avant d’exhorter celui-ci à « conduire le peuple congolais, dans sa diversité, vers la terre promise, la terre promise de prospérité, sans exclusion, de respect mutuel et de convivialité ».

Plus qu’une parole pastorale, le Chef de l’église catholique a ainsi profité de cette ultime tribune pour adresser un véritable avertissement à un président sur qui repose l’espoir des millions de Congolais. Pour cela, quel autre moyen utiliser que de lui brandir l’exemple de l’homme qui « nous rassemble aujourd’hui», a-t-il dit. En faisant référence à l’ancien opposant historique. Un homme, juste, a répété le prêtre. Juste, puisqu’il est « resté droit dans ses bottes refusant toute compromission pour ne pas brader son pays, la RD Congo ». 

Appel à l’unité

Et Mgr Ambongo de rappeler la devise de l’ancien leader de l’Udps devenue l’hymne national en RDC :   «Le peuple d’abord». Histoire d’indiquer aux dirigeants actuels à  quoi devrait se diriger la primauté de leurs actions. « À l’intérêt supérieur du peuple. Tout pour le peuple, avec le peuple et pour le peuple », a recommandé l’orateur.

Mobilisée dans la rue et dans les réunions politiques pendant la crise politique de 2016, l’Église Catholique a, en effet, joué le rôle de premier plan au cours des derniers mois pour défendre les intérêts du peuple congolais. Avant d’être reléguée dans un autre rôle d’arbitre. Parfois de contestation des résultats au lendemain des élections du 30 décembre 2018.

Le retour au pays d’Étienne Tshisekedi était donc un moyen propice pour la mère des églises de revenir dans le jeu et d’appeler à l’unité. « Le meilleur hommage que l’on puisse lui rendre [à Étienne Tshisekedi] est de nous mettre ensemble, de nous donner la main pour réaliser cet idéal de cohésion nationale autour des valeurs républicaines », a lancé Mgr Ambongo. Avant d’appeler l’ensemble de la classe politique à « s’engager avec détermination à construire, captiver et transmettre aux générations futures ce qui nous unit et nous élève en tant que peuple grand et fort au cœur de l’Afrique ».