Par CAS-INFO

Il ne fallait pas être à la place de Félix Tshisekedi vendredi. Quelques minutes seulement après son discours adressé aux ambassadeurs accrédités à Kinshasa, le Chef de l’État a pu mesurer pour la première fois l’ampleur d’une polémique suscitée par un discours présidentiel. Que disons-nous. Il a surtout pu se rendre compte à quel point même ses partisans ne sont pas prêts à le suivre dans une complaisance avec les membres de l’ancien régime.

Et pour cause, un extrait de son allocution depuis démenti, dans lequel le président congolais aurait demandé à l’Union européenne la levée des sanctions imposées en marge de la crise politique à des proches de l’ancien président Joseph Kabila. On sait depuis que ce passage figurait bien dans le discours mais le Chef de l’État ne l’a jamais prononcé comme l’a expliqué un de ses proches, à RFI.

Selon des sources à la présidence de la république, le discours aurait été écrit et imprimé par l’actuel ministre des affaires étrangères Léonard She Okitundu, un très proche de Joseph Kabila, qui a longtemps milité pour la fin de ces mesures. Mais le Président Tshisekedi aurait purement et simplement éviter de prononcer cet extrait de la discorde.

Si elle était avérée, cette précision sonnera comme un véritable acte d’autorité du nouveau locataire du Palais de la nation. Il s’agirait même d’une façon pour Félix Tshisekedi de s’émanciper déjà de l’ombre du système Kabila qui garde encore toute son influence sur le nouveau pouvoir.

Les sanctions de l’union européennes ont visé des personnalités de haut rang accusées pour certains des graves violations de droits de l’homme. En biffant la demande de levée des sanctions, Félix Tshisekedi a sans doute compris qu’il marchait sur des oeufs sur cette question. Avec le risque de se mettre à dos ses propres partisans. Sur la forme c’est plutôt bien jouer mais sur le fond la question demeure. Alors que le plaidoyer en faveurs des ex caciques ciblés par l’Union européenne semble avoir été bien formulé. Et que Félix Tshisekedi se prépare à conclure un accord de gouvernement avec l’ancienne majorité pro Joseph Kabila.