Par CAS-INFO

C’est officiel, les travailleurs de Digital Congo se déclarent être désormais dans un conflit collectif de travail. C’est en tout cas ce qu’ils ont affirmé jeudi. Dans une lettre adressée au directeur provincial de la division du travail de Kinshasa, les journalistes et autres agents qui réclament des arriérés de salaire, fixent un nouvel ultimatum à l’expiration duquel ils vont cette fois-ci complètement cesser le travail.

Après avoir saisi en vain la direction de l’entreprise sur les problèmes auxquels ils sont confrontés, notamment, l’accumulation d’arriérés salaire jusqu’à 14 mois, nos confrères s’en remettent désormais aux autorités provinciales appelées à s’impliquer pour aider à trouver une solution. « À défaut de votre convocation dans 72 heures conforment à l’alinéa 3 de l’article 307 du code de travail, nous considérerons avoir épuisé toutes les voies de règlement de conflit, préalables à la cessation collective du travail qui interviendra dès ce mardi 5 mars 2019 sur pied de l’article 315du code du travail », prévient la correspondance.

Autrement dit, si aucun dialogue n’est ouvert d’ici début mars, l’une de grande chaîne de télévision privée de la RDC devra faire face à une grève sans précédent.

Propriété de la famille de Joseph Kabila, ancien président de la république, Digital Congo a émergé dans l’espace médiatique congolais de façon fracassante en mars 2005. Balayant toute concurrence, le médias sert d’outil de propagande lors des de deux élections de 2006 et 2011. Car capable de couvrir la quasi totalité du vaste territoire national grâce à un dispositif technique surclassant toute concurrence.

Mais derrière cette révolution médiatique se cachait un traitement indescriptible du personnel. Avec un salaire variant entre 100 et 250 dollars, la désillusion pour les journalistes qui ont accouru à la « chaine présidentielle «  a été brutale. Non Kabila n’est pas Mobutu. Et les agents de Digital Congo, dont l’étiquette de « journalistes pro Kabila » reste collé à la peau, en ont appris à leurs dépends.

Après avoir accumulé entre 12 et 14 mois d’arriérés de salaire, les futurs grévistes ont saisi la direction du groupe de presse avec copie pour la Présidente du Conseil d’administration, qui n’est personne d’autre que Jaynet Kabila, la soeur jumelle de l’ex président. Sans succès. Silence télévision! La balle est désormais dans le camp de la division provinciale du travail.