Par P. Ndongo

Entre la Commission électorale nationale indépendante et la Conférence épiscopale nationale du Congo, la guerre est totale. C’est le moins qu’on puisse dire après la passe d’armes sans concessions entre les deux organisations ces dernières 48 heures.

Il y a eu d’abord ce rapport choc de la CENCO qui expliquait jeudi dernier avoir déjà l’identité du vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018, sur base des données en sa possessions – tout en avertissant la CENI de ne publier que les résultats qui soient ‘’conformes à la vérité et la justice’’.

La réponse de la CENI n’a pas tardé et il s’agit d’une violente charge à l’endroit, en particulier, du Secrétaire général de la CENCO, abbé Donatien Nshole, sa bête noire.

Dans une lettre cinglante signée Corneille Nangaa et dont une copie a été réservée au chef de l’État, le président de la CENI accuse Donatien Nshole de ‘’violer systématiquement les dispositions légales relatives à l’organisation des élections.’’.

Il lui reproche par ailleurs d’avoir « donné des tendances qui sont de nature à intoxiquer la population en préparant un soulèvement dont la CENCO serait tenu pour le seul responsable », dit la missive consultée par la presse.

Des accusations qui ne sont pas loin de celles formulées par le FCC. Réagissant au rapport de la CENCO et en particulier, pour elle aussi, à Donatien Nshole, la coalition d’Emmanuel Shadary, a vigoureusement dénoncé une « attitude partisane, irresponsable et anarchique » du prélat, qui se permet, a poursuivi Kikaya Bin Karubi, « de proclamer en toute illégalité des tendances culminant au choix d’un candidat bien identifié à la présidentielle. ».

Alors que le chef de l’État a lui aussi rencontré les évêques vendredi à Kinshasa auxquels il a fait part de sa désapprobation, pour la CENI et le FCC, la chasse à Nshole et la CENCO, a commencé.