Par CAS-INFO

Les Congolais ont célébré le nouvel 2019 coupés du monde. Pas de sms, pas de Facebook ni de WhatsApp pour envoyer des messages de vœux aux proches. Ainsi en a décidé le gouvernement. Alors que la Commission électorale nationale indépendante continue à compiler les résultats très attendus des élections du 30 décembre dernier.

Au cœur de toutes les critiques pour avoir, selon la quasi-totalité d’observateurs, organisé un désastre électoral, la CENI a communiqué mardi, pour féliciter le peuple congolais pour son  »patriotisme affiché » le jour du vote. L’institution dirigée par Corneille Nangaa s’est même fendue d’un message de vœux ‘’ de paix et de prospérité à l’ensemble de la population congolaise’’, ‘’comme à tous les observateurs et journalistes étrangers venus nous accompagner dans ce processus’’, a indiqué le communiqué de la CENI.

Vœux réels ou une façon de faire un nouveau pied de nez à des congolais plongés dans le noir et à la presse internationale devenue indésirable. Notamment la radio très prisée des Congolais, la Radio Française internationale, RFI, qui n’émet plus ni à Kinshasa, ni à Goma, Bukavu, Kisangani et Mbandaka, a annoncé le média français. En plus de sa journaliste, Florence Morice, qui s’est vu retirée lundi l’autorisation de faire des reportages sur le territoire congolais.

Pas de quoi rassurer à quelques jours de la publication des résultats. Si ce n’est, créer un climat de suspicion. Ce climat de méfiance va même même se renforcer avec l’annonce par la CENI d’une plainte à déposer ce mercredi contre des nouveaux actes de vandalisme sur ses entrepôts, à Bagata, Bulungu, Gungu, Katanga et Walungu –  5 circonscriptions dont des des bastions de l’opposant Martin Fayulu. Après le report des élections à Beni, Butembo et Yumbi, la CENI va-t-elle s’en prendre à ces autres réserves des voix de l’opposition ?