Par CAS-INFO

Joseph Kabila a indéniablement réussi son pari. Celui d’organiser les élections en Republique Démocratique du Congo sans le moindre centime de la communauté internationale. Le chef de l’État l’avait souhaité ainsi. Pari gagné.

Alors que le Président sortant s’apprête à passer la main à son successeur, après 17 ans au pouvoir, ce dimanche 30 décembre rentre dans l’histoire comme un jour historique pour les Congolais. Cependant, la même histoire le retiendra également comme le jour électoral le plus chaotique jamais vu des mémoires des Congolais. Des bureaux de vote qui ouvrent avec 6 heures de retard, des machines à voter qui ne répondent plus, l’électricité qui fausse compagnie ou encore des électeurs qui ne retrouvent plus leurs noms sur les listes électorales. Une véritable apocalypse que personne à Kinshasa, Goma ou à Bandundu n’oubliera de sitôt.

Un désordre organisé ?

Qu’importe, pour les autorités congolaises, c’est le résultat final qui compte. Peu importe le chaos créé dans les bureaux de vote, peu importe les listes électorales qui disparaissent, de l’aveu même du président de la CENI. « Le vote s’est tenu en toute sérénité sur toute l’étendue du territoire en dépit de quelques incidents techniques. C’est la victoire du peuple », a en tout cas tranché le ministre de l’intérieur Henri Mova. Tandis que son collègue de l’Enseignement supérieur et universitaire, le transfuge de l’opposition, Steve Mbikayi, se targuait d’« être fier d’avoir participé à un gouvernement qui nous a amenés aux élections démocratiques ».

Alors que l’opposition, par la bouche de Félix Tshisekedi a dénoncé un « grand désordre » bien organisé, selon lui, par le pouvoir, pour Joseph Kabila, c’est la seule recette possible qu’il pouvait servir aux Congolais. Après avoir été aculé de toutes par pour qu’il lâche le pouvoir, lui qui est déjà largement hors mandat, le chef de l’État qui n’a voulu d’aucune aide extérieure semble avoir décidé de décider à sa manière des conditions dans lesquelles doit se dérouler sa succession. Quitte à soumettre sa population à un véritable chemin de croix.

En tout cas, ce calvaire est passé, pour l’instant. Pour l’instant seulement car l’autre séquence trouble s’ouvre dans le pays. Celle d’attente des résultats. Qui de Martin Fayulu, de Félix Tshisekedi ou d’Emmanuel Shadary a gagné. Sans attendre l’instance habilité à proclamer le vainqueur, le dauphin de Joseph Kabila a déjà prévenu : « C’est moi le président à partir de ce soir », a-t-il déclaré. Dans les états-majors de l’opposition, où on dénonce les irrégularités rien ne dit qu’on tardera à se proclamer vainqueur chacun à son tour. Le chaos électoral est loin d’être terminé en RDC.