Par CAS-INFO

La tant attendue date fatidique en RDC est passée. Le 1er janvier 2018, Joseph Kabila était toujours président. Mais cette journée aura laissé des traces. Marqué par des marches pacifiques, à l’appel du comité des Laïcs de l’Église catholique, mais aussi par la violence perpétrée par les forces de sécurité, le 31 décembre 2017 laissera un avant et un après.

L’avant, c’est l’incapacité de mobiliser la population, à laquelle l’opposition avait commencé à s’habituer. Des appels à manifester du Rassemblement, le 10 avril, le 30 novembre ou encore le 19 septembre 2017, se soldant souvent par, soit, une ville morte improvisée et infructueuse, soit par des leaders empêchés de sortir de leurs domiciles. De quoi jeter le doute sur la capacité réelle des adversaires de Joseph Kabila à bouger ce dernier de son poste de président. Mais ça, c’était avant le 31 décembre et l’entrée en scène du comité des Laïcs, une influente structure proche de l’Église catholique.

Des scènes qui ont rappelé le 19 Septembre 2016

Chants et slogans au son de « Kabila mandat esili », « Kabila, le mandat est terminé », gaz lacrymogènes et tirs en l’air ou sur des civils. Les rares images qui ont pu filtrer, alors que le pays était soumis à une coupure totale d’internet, ont réussi à mettre en évidence la détermination et la défiance des Kinois toujours aussi intactes à l’égard du pouvoir en place. Des scènes qui ont rappelé les manifestations du 19 septembre (une cinquantaine de morts) – au plus fort du Rassemblement alors chapeauté par l’opposant historique Étienne Tshisekedi décédé en février 2017 – ont été constaté un peu partout dans la capitale.

Pour le pouvoir congolais, qui a réussi jusque-là à se servir des divisions au sein de l’opposition pour s’imposer, l’église catholique est un client à la fois inattendu et difficile à affronter. Mobilisés dans la rue en 1992, contre le régime de Mobutu, les chrétiens catholiques réprimés dans le sang avaient réussi à faire plier le pouvoir et à le contraindre à rouvrir la Conférence nationale souveraine. Les images d’une femme abattue d’une balle dans la tête qui ont fait le tour du monde ce dimanche 31 décembre 2017 risquent elles aussi de laisser des traces.