Par CAS-INFO

Le procès du double meurtre des agents de l’ONU, Zaida Catalan et Michael Sharp n’a pas encore fini de livrer son secret. Alors que les audiences se tirent en longueur à Kananga et qu’aucun réel responsable de ces deux assassinats n’est toujours pas trouvé, une enquête de RFI et Reuters révèle des nouveaux éléments troublant qui mettent en cause des agents de l’État.

Le gouvernement congolais avait pourtant répété depuis le début de la tragédie en mars 2017 n’avoir pas été informé de la mission de deux experts. Une thèse aujourd’hui remise en cause par les relevés téléphoniques dont les médias francais et britanniques se sont procurés. Ajouté finalement au procès, ces éléments démontrent en effet que des officiels de l’État, un colonel de l’armée ou encore un informateur de l’Agence nationale des renseignements étaient bien au courant du voyage des deux humanitaires vers lieu de leur assassinat. L’agent de l’ANR cité se nomme José Tshibuabua.

Le jour du meurtre, rapporte l’enquête journalistique, José Tshibuabua échange toute la matinée avec le présumé interprète des experts, un nommé Betu Tshintela. « José Tshibuabua est son cousin et communique avec lui à 12h06, en ce 12 mars 2017, le coup de fil dure dix-neuf secondes à peine.  C’est le dernier contact confirmé avec un membre de l’équipe avant l’assassinat des deux experts ».

Le 26 juillet 2017, l’auditeur militaire, le lieutenant-colonel Jean Blaise Bwamulundu qui instruit le dossier révélait détenir un flash disk de plus de 10 Giga contenant donc ces relevés téléphoniques des appels et messages émis et reçus. Une mine d’or tombée entre les mains de journalistes. Et qui pourrait changer le cours du procès.