Par CAS-INFO

C’est une première. L’église catholique va faire retentir le son des cloches ce soir à Kinshasa, au coup de 21 heures, heure de la capitale. Une initiative des plusieurs entités de la plus grande confession religieuse de la RDC, le collège des curés de Kinshasa notamment, soutenue par la hiérarchie ecclésiastique.

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L’objectif de cette manifestation inédite dans l’histoire de la RDC est de pousser les autorités congolaises à « respecter » l’accord de la Saint Sylvestre, conclu il y a un an entre le Pouvoir et l’opposition, sous la houlette de la Conférence épiscopale nationale du Congo, la Cenco. Mais, avec la tournure qu’a prise la crise politique, le signal que les princes de l’église cherchent à envoyer au pays et au monde, semble bien aller au-delà des simples réclamations sur le compromis du Centre interdiocésain.

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En annonçant leur action, les Curés de Kinshasa ne se limitent pas, en effet, aux sons cloches, dont on peut douter la force de raisonnance à même de faire peur à Joseph Kabila. Ils invitent la population à accompagner les cloches « par toute sorte de clameur et de vacarme : casseroles, des coups de sifflets et de vuvuzela, des klaxons, etc », stipule le communiqué. De quoi remonter le morale à l’opposition congolaise malmenée dans la rue par les forces de sécurité. « Avec l’appel des curés de Kinshasa et du comité laïc, l’Église dit non à la dictature », s’est écrié l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, principale victime du non-respect de l’accord du 31 décembre 2016.

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Depuis plus d’un an qu’il est contraint à l’exil, le candidat du G7 voit-il dans la mobilisation de l’église un dernier espoir ? On ne peut pas l’exclure. Tant, dans l’opposition comme dans la Majorité, nul ne peut mesurer à quel point la sensibilation par le son des cloches peut avoir un effet sur l’attitude des Congolais. « C’est une initiative discriminatoire », c’est pour l’instant contenté de bouder le porte-parole de la MP, André Atundu. Pendant que les opposant enchainent un concert de ralliement à l’opération son des cloches qui s’apprête à retentir dans les temples kinois.

Arrivé fin mandat depuis décembre 2016, Joseph Kabila reste toujours à son poste. Après plusieurs incertitudes, une élection est finalement programmée le 23 décembre 2018. Soit dans un an. Mais l’opposition réclame toujours le départ du chef de l’État. Par la rue ou… le son des cloches ?