Par CAS-INFO

Il avait jusque-ici échappé aux radars américains. Cette fois-ci, les « Yankees » l’ont eu. Du moins sur le plan des sanctions. L’homme d’affaires d’origine juive et puissant ami du président congolais Joseph Kabila a été ajouté sur la liste des personnes visées par le nouveau régime des sanctions des États-Unis, a annoncé, jeudi, le département du Trésor.

La raison de ces sanctions qui touchent plusieurs personnalités de haut rang est que ces dernières sont considérées comme des « abuseurs des droits de l’homme et acteurs corrompus dans le monde entier », explique le communiqué du gouvernement américain.

Pour la RDC donc, et pour la première fois, c’est le sulfureux milliardaire qui fait sa première apparition sur une liste noire de Washington. Dans l’énoncé de cette décision, l’ami du président est décrit comme celui qui a amassé sa fortune à travers des centaines de millions de dollars de transactions minières et pétrolières opaques et corrompues en République démocratique du Congo.

« Gertler a utilisé son étroite amitié avec le président congolais Joseph Kabila pour agir en tant qu’intermédiaire pour la vente d’actifs miniers en RDC, exigeant que certaines entreprises multinationales passent par Gertler pour faire des affaires avec l’État congolais », avancent les américains.

Conséquence, note le département du Trésor, entre 2010 et 2012 seulement, la RDC aurait perdu plus de 1,36 milliard de dollars de revenus en raison de la sous-évaluation des actifs miniers vendus à des sociétés offshores liées à Gertler.

« L’incapacité de la RDC à publier tous les détails de l’une des ventes a incité le Fonds monétaire international à suspendre les prêts à la RDC totalisant 225 millions de dollars. En 2013, Gertler a vendu au gouvernement de la RDC pour 150 millions de dollars les droits sur un bloc pétrolier qu’il acheté au gouvernement pour seulement 500 000 $, soit une perte de revenus potentiels de 149,5 millions de dollars. Gertler a agi pour ou au nom de Kabila, aidant Kabila à organiser des sociétés de crédit-bail offshore », accuse le gouvernement américain.

Des graves accusations, qui ne sont pas pourtant nouvelles dans les oreilles des Congolais. Dan Gertler est, en effet, souvent objet des rapports d’ONG sur son activisme financier en RDC. En 2016, son nom occupait déjà une bonne place dans le spectaculaire scandale financier des « Panama Papers ». Sans susciter un seul bourdonnement des autorités congolaises. En le ciblant cette fois-ci, les Américains s’approchent dangereusement du pré carré du Raïs de la RDC.