Par CAS-INFO

La RDC entame ce mercredi 15 novembre la phase à haut risque de la crise politique que traverse le pays. Des mouvements citoyens Lucha, Filimbi ou encore les Congolais Debout, appellent ce jour à des manifestations contre le chef de l’État Joseph Kabila dont ils réclament le départ.

Un mouvement auquel le Rassemblement, principale coalition de l’Opposition a appelé les Congolais à adhérer, « jusqu’au départ du dictateur », a déclaré le président de la plateforme, Félix Tshisekedi. « Nous avons non seulement le droit mais aussi le devoir de résister pour libérer notre pays », a poursuivi le fils de l’ancien opposant historique, qui annonce d’ores déjà une autre manifestation de grande envergure le 28 novembre prochain, dans la capitale.

Pour l’opposition et les organisations de la société, il s’agit d’exprimer leur désapprobation du calendrier électoral que vient de publier la CENI. D’après cet agenda électoral qui bénéficie pourtant du soutien de la quasi-totalité de la communauté internationale, la présidentielle tant attendue depuis 2016 ne pourra avoir lieu que le 23 décembre 2018. Une perspective incertaine car assortie des contraintes. Les adversaires de Joseph Kabila y voient une manœuvre pour le camp présidentielle de se maintenir le plus longtemps en place.

Risque de violence

Malgré l’implication de la communauté internationale, c’est donc, le retour à la case départ qu’est en train d’opérer la classe politique congolaise. Avec le risque de replonger dans la violence. Dans un communiqué mardi, la police n’a d’ailleurs pas hésité à mettre en garde contre les velléités d’aller dans la rue. « Tout attroupement de 5 personnes sera dispersé et on le fera sans pitié », a prévenu le chef de la police de Kinshasa, le général Kasongo.

En 2016, les manifestations similaires dirigées contre le président de la république s’étaient soldées par plusieurs dizaines de victimes. La Monusco qui redoute le même scénario a appelé au respect du droit de manifester. Un appel ignoré par les autorités congolaises.

Arrivé au pouvoir en 2001 avant de remporter de manière controversée les premières élections démocratiques de l’histoire du pays, Joseph Kabila refuse de quitter le pouvoir. En faisant « reculer le pays de plusieurs années en arrière », déplore la secrétaire générale du MLC, Ève Bazaïba.