Par CAS-INFO

Fred Bauma ne croit pas du tout à la tenue des élections en 2018. Interrogé par le comité des affaires étrangères du Congrès américain sur sa demande de soutien des États-Unis à la lutte que mène son Mouvement social contre le régime de Joseph Kabila, le militant de la Lucha s’est montré très pessimiste à l’idée de voir les Congolais se rendre aux urnes l’an prochain.

« La CENI vient de publier le calendrier électoral, mais il n’y a aucune garantie que ces élections auront lieu », a déclaré Fred Bauma devant les membres du comité. Pour lui, tant qu’il est à la tête du pays, le chef de l’État actuel n’organisera pas des élections susceptibles de le nuire. « Kabila n’organisera jamais les élections qui vont provoquer son départ », a-t-il prévenu.

« Kabila must go »

Fred Bauma est également revenu sur la violence perpétrée dans le pays.  Il n’y a pas que le Kasaï, a-t-il souligné. « Car pendant qu’on parle du Kasaï, les massacres ont repris encore à Beni ». Une violence censée, selon le militant congolais, servir de prétexte pour ne pas organiser les élections.

Pour la directrice Afrique de Human Rights Watch, Ida Sawyer, qui a abordé dans le même sens, Joseph Kabila n’a manifesté aucune intention d’organiser les élections. La chercheuse des droits de l’Homme a salué la mobilisation des États-Unis sur la question congolaise, mais elle s’est demandée jusqu’où Washington serait-il prêt à aller. Alors que l’inquiétude grandit dans le pays.

Même tonalité de Mvemba Dizolele, chercheur et militant des droits de l’homme. « Les Congolais ont envie d’un nouveau dirigeant », a lancé cet enseignant congolais de Johns Hopkins University pour qui, Kabila must go. « Kabila doit partir ».

Le comité des affaires étrangères du Congrès américain a enregistrés toutes ces demandes et promet une visite prochaine de son président, Ed Royce, en RDC.