Par CAS-INFO

L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU a bouclé jeudi soir sa visite au Nord Kivu. Un bref séjour au pas de charge, que Nikki Haley a mis à profit pour s’enquérir de la situation des femmes déplacées du camp de Kitchanga. Celles-ci ont expliqué à leur hôte « les conditions difficiles dans lesquelles elles vivent et leur souhait de rentrer chez elles », a rapporté la Monusco.

La Monusco, justement, il en été question au programme de l’envoyée de Washington. Car tout de suite après Kitchanga, M. Haley s’est entretenue avec le commandant de la force onusienne en RDC Derrick Ngwebi et l’adjoint du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RDC, David Gressly. Aucun commentaire à l’issue de ces rencontres. Selon les sources onusiennes, la représentante de Donald Trump a demandé plus d’efforts des casques bleus et de l’armée congolaise pour protéger les populations civiles en proie à des groupes armés.


De quoi renforcer Lambert Mende pour qui Nikki Haley ne serait venue que pour évaluer le travail de la Monusco ? Pas tout à fait. Car l’Americaine rencontre le chef de l’État Joseph Kabila ce vendredi. Et il va être beaucoup question de la crise politique qui bloque le pays depuis l’expiration du mandat du président de la république le 20 décembre 2016.

L’Opposition reste prudente

Cette visite d’un responsable international de haut niveau tombe à pic pour l’Opposition congolaise malmenée au quotidien par le Pouvoir. Comme en a témoigné la visite houleuse du leader du Rassemblement mardi à Lubumbashi, empêché par la police de tenir un meeting populaire. Félix Tshisekedi a finalement regagné Kinshasa jeudi sans être inquiété par les forces de l’ordre. Sans doute en raison de la présence de Nikki Haley dans le pays.


« Nous attendons qu’il demande au chef de l’État de respecter l’accord de la Saint Sylvestre en facilitant la publication du calendrier électoral », espère le député et membre du G7 Christophe Lutundula. Pour autant dans les rangs de l’Opposition, la prudence est de mise. À l’image de l’ex UNC Sam Bokolombe. « Seuls les Congolais détermineront le sort de la Kabilie. Les Nikki Haley viendront en appoint. N’en espérez pas grand-chose », a prévenu sur twitter, l’élu de Basankusu.

À deux mois de la fin de l’année et de la date « fatidique » du 31 décembre, Nikki Haley saura-t-elle désamorcer cette crise qui inquiète la communauté internationale ? Tous les regards seront tournés ce vendredi vers le Palais de la Nation.