Par CAS-INFO

C’est la petite bombe, qui boucle le séjour très politique de la représentante des États-Unis à l’ONU, à Kinshasa. « Bien que Haley n’ait pas mentionné Kabila par son nom, elle a suggéré qu’il était temps pour lui de s’en aller », écrit le site de la très influente chaîne americaine, CNN, en révélant la confidence de Nikki Haley à des journalistes qui l’accompagnaient dans ce premier voyage sur le continent.




L’émissaire de Donald Trump l’a-t-il dit ouvertement au chef de l’État ? Selon un assistant de la diplomate américaine, citée par CNN, elle devait dire à Joseph Kabila de fixer une date pour les élections et le transfert pacifique du pouvoir. « Nous avons eu un échange ferme et franc », a d’ailleurs expliqué Mme Haley après son tête-à-tête avec le président congolais. Et d’ajouter, « nous avons clairement fait savoir que les États-Unis voulaient voir des élections en République démocratique du Congo être organisées en 2018 et que nous n’accepterions plus un nouveau report ».

Les élections, pour mettre fin aux viols et la violence

Dès son arrivée mercredi, Mme. Haley a pris son avion, le jeudi. Direction, le Nord Kivu pour s’enquérir des conditions de vie dans les camps des déplacées. Face à des femmes victimes de viol et des violences sexuelles, Nikki Haley a été émue aux larmes, raconte CNN. Le temps que ses larmes cèdent la place à la colère : « Personne ne devrait vivre comme ça. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur tout cela », a-t-elle promis après avoir écouté un témoignage choc d’une victime de viol dans le camp de Mungote.


Un choc et une forte émotion dont Nikki Haley n’a pas su se passer au moment de rencontrer les membres de la CENI à Kinshasa vendredi. « Il était important de montrer que chaque jour qu’une élection n’est pas organisée dans ce pays c’est une femme qui se fait violer, c’est des enfants qui sont enrôlés dans les groupes armés et c’est des jeunes filles qui connaissent des grossesses non désirées. Il est important que nous puissions organiser les élections en 2018 », a-t-elle alerté devant la centrale électorale et en présence de Corneille Nangaa.

Nikki Haley ajoutera que les élections en 2018 devaient se ternir, non pas à la fin de l’année, mais au plus tôt. Que le chef de l’État, lui-même, devait le dire clairement. Que c’était la seule voie possible pour des élections libres et pacifiques… Les 90 minutes d’échanges au Palais de la Nation ont sans doute tenu toutes leurs promesses.