Par CAS-INFO

La RDC vit une fin exceptionnelle du second et dernier mandat de son président. Exceptionnel, parce que ce mandat a expiré depuis le 20 décembre 2016. Et à 3 mois du terme de la période de transition décidée dans l’Accord de la Saint Sylvestre, les Congolais ne savent pas toujours quand ni s’ils auront vraiment l’occasion d’élire le successeur de joseph Kabila. En attendant le calendrier électoral qui tarde à venir, la presse congolaise essaie de s’occuper en soldant par les sondages le bilan du chef de l’État.

La fiabilité du sondage twitter, en question…

Mais dans un pays exsangue où les structures appropriées d’études d’opinion n’ont pas été mises en place depuis l’indépendance, le moins qu’on puisse dire est que ce genre d’exercice est périlleux et expose la presse à des résultats sujets à controverse. C’est ce que viennent d’expérimenter nos confrères de la Radio Top Congo et du site d’information Politico.cd. Les deux médias ont en effet réalisé un sondage via twitter entre le 8 et le 15 septembre 2017 portant sur le bilan de la Majorité présidentielle après deux législatives. Avant de s’attirer les foudres des partisans du Rassemblement. Ces derniers étant monté au créneau pour contester le fait que les deux sondages aient sorti un résultat quasi identique : 52 % d’option favorable pour le parti au pouvoir.

CAS-INFO n’a pas non plus été épargné par les critiques. Dans le sens inverse cette fois-ci. Et pour cause, notre question vous posée ce weekend sur ce que vous pensiez du bilan de Joseph Kabila après ses deux mandats à la tête du pays. Avec une participation de 1609 votants, soit deux fois inférieure à celle du sondage Top Congo (3540), vous avez, à 90%, jugé négatif le travail accompli par le chef de l’État pendant les 10 dernières années. Un résultat qui a provoqué la protestation de certains partisans de la MP.

L’insécurité, gros point noir…

Mais au-delà de ces sondages dont la vraie valeur pose question, comme le démontrent ces différentes réactions, le bilan de Joseph Kabila lui, parle de lui-même. Bien mieux que les médias et les partisans de deux camps. Après avoir réunifié et pacifié, durant son premier quinquennat, un pays morcelé par les années de guerre, Joseph Kabila laissera, vers la fin de ce premier bail au Palais de la nation et le début du second, un souvenir sécuritaire marqué par une spirale de rébellions. Les plus emblématiques resteront le CNDP et le M23. Des mouvements dont les dénominations changeaient, mais avec les même têtes d’affiches. Les mêmes atrocités. Du M23, il en était d’ailleurs encore question…en février 2017 dans le territoire de Rutsuru.


Le chef du M23 Sultani Makenga entouré de ses hommes

Un chapitre sécuritaire qui constitue incontestablement le gros point noir d’un bilan déjà compliqué de Joseph Kabila. Beni, Kasaï, Tanganyika…, la RDC n’avait plus connu autant de foyers de tensions depuis très longtemps. Des tentions dont les effets sont encore palpables notamment dans le Kasaï où le conflit Kamwina Nsapu a causé la mort de plus de 3000 personnes en un an.

Un taux de croissance record, une population pauvre

Au plan économique, si, les efforts consentis par différents gouvernements de Joseph Kabila ont permis, à titre d’exemple, d’atteindre le point d’achèvement en 2010, la réalité est que la dette extérieure qui culminait à près de 13 milliards à cette période a été allégée et non effacée. Ce qui constituait déjà une grande victoire. Dans le même temps  cet allégement soumettait le pays à des conditionnalités dont les conséquences se ressentent encore sur les besoins humains des Congolais. C’est loin d’être la faute du chef de l’État, lui qui a trouvé ce lourd fardeau lui légué par Kabila père et surtout Mobutu. Qu’importe. C’est sous le quinquennat Kabila fils qu’en 2015 un rapport du FMI pointait le paradoxe d’un pays aux immenses richesses (9% du taux de croissance en 2014) mais classé l’un des plus pauvres au monde avec des Congolais de plus en plus pauvres (8 sur 10 vivant avec moins 1,25 dollar par jour).


Blv du 30 juin, l’un des symboles de la modernisation sous Kabila

Ces chiffres souvent contestés par le Gouvernement ont tout de même été rattrapés par la réalité tel que l’exode rural qui gangrène le pays. Faute de travail, des milliers des Congolais ont quitté les provinces ces dernières années pour prendre d’assaut les grandes villes. Ainsi que l’illustre la capitale Kinshasa qui déborde des jeunes chauffeurs de taxi moto. Partis pour la plupart du Kasaï, ils fuient la faim et le chômage à la recherche d’une vie meilleure. Pendant que la grogne sociale qui gagne plusieurs secteurs de la vie nationale rappelle un peu plus à quel point…le pays va mal.