Par CAS-INFO

Les cicatrices de la mauvaise expérience vécue par une délégation des Nations en novembre 2016 à Kinshasa, soit, à la veille du 19 décembre, alors, la date « fatidique », sont encore visibles, que l’ONU vient de nouveau, d’essuyer la défiance du président congolais, à New York, sur son propre territoire.

Ce jour-là, le pays a déjà sombré dans la violence, au lendemain des manifestations sanglantes des 19 et 20 septembre. L’ONU décide d’envoyer une équipe dans la capitale congolaise. Objectif, dissuader le chef de l’État de modifier la constitution et le convaincre de quitter le pouvoir. La suite, rapportée par Stephen Hickey, le représentation du Royaume Uni à la réunion du Palais de la Nation, on s’en souvient. Le diplomate britannique faisait alors état d’un Joseph Kabila « curieux » de constater que le Conseil de sécurité se [focalisait] sur une violation de la Constitution en RDC « alors qu’il y a tellement d’autres violations dans la région ».

Ces propos démentis par la suite par le gouvernement congolais n’ont pas cependant permis de lever le voile sur les intentions du chef de l’État qui demeurent le centre des préoccupations à la fois de l’opposition et de la communauté internationale. Celle-ci, qui s’est donnée la peine, en marge de la 72e Assemblée générale de l’ONU, à New York, d’insister sur le respect « total » de l’accord de la Saint Sylvestre – qui prévoit la présidentielle en 2017, interdit la modification de la constitution et recommande la libération des prisonniers politiques ainsi que le retour au pays d’opposants exilés – s’est, tout simplement, fait remonter les bretelles le samedi 23 septembre en écoutant, à son nez et sa barbe, Joseph Kabila lui expliquer que le cap des élections « était fixé » et les élections, « irréversibles », mais que tout cela se ferait sans « ingérence » ni « diktat ».

Voilà l’ONU, qui sait, en plus, que la question du retrait de sa force de maintien de la paix en RDC se pose désormais…la voilà prévenue.