C’est un anniversaire qui commence à passer peu à peu dans les oubliettes. pourtant, dans l’histoire de la République Démocratique du Congo, ce chapitre est loin d’être une page quelconque. Ce jour-là, la coalition qui venait de porter au pouvoir Laurent Désiré Kabila le 17 mai 1997 – après avoir renversé Mobutu – vole en éclats.

2 Août 1998, le début d’une nouvelle guerre et l’émergence d’une nouvelle dénomination dans le champ politico-sécuritaire du pays, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD). D’anciens alliés rwandais au sein de l’AFDL, d’ex- Mobutistes et d’autres intellectuels congolais recrutés de par le mode coalisent. Objectif, déloger à leur tour le « soldat du peuple ». La 3e guerre mondiale africaine peut alors commencer.




Plus qu’une guerre civile, en effet, le pays devient un véritable théâtre où s’affrontent les intérêts des puissances, par leurs alliés régionaux interposés : le Rwanda pour les rebelles, le Tchad, l’Angola et le Zimbabwe pour Kinshasa. Une guerre qui avait vocation à « rentrer d’où elle était venue », mais qui se termine par une tragédie : l’assassinat de Laurent Désiré Kabila le 16 janvier 2001 et le début d’une autre (nouvelle) page d’incertitudes.

Si, au fil de la guerre, d’autres mouvements insurrectionnels ont fait irruption, le MLC de Jean Pierre Bemba soutenu par Kampala ou encore la mosaïque RCD née des divisions intestines, le (vrai) RCD a continué à garder le plus d’influence durant toutes les négociations. Résultat, au bout des pourparlers de Sun City, dans un schéma monstre de « 1+4 » jamais testé ailleurs dans le monde, la rébellion pro rwandaise obtient les commandes du secteur de défense et sécurité dirigé par son président Azarias Ruberwa. Étonnant dénouement pour un groupe sur lequel pèse les soupçons d’une présence bien trop influente de l’encombrant voisin. Mais les négociations étaient passées par là. 19 ans plus tard, Azarias Ruberwa est chargé de la réforme institutionnelle.