Sans surprise, le président des Fonus et président de l’aile dissidente du Rassemblement, Joseph Olenghankoy, a été désigné président du Conseil national du suivi de l’accord (CNSA), par « consensus », selon un participant à la réunion que co-présidaient, samedi, au palais du peuple, Aubin Minaku et Kongo Wa Dondo, les deux présidents des deux chambres du Parlement. Il sera secondé par 3 vice-présidents : l’ancien ministre et proche du chef de l’État Adolphe Lumanu, le chef de file de l’UNC Vital Kamerhe, choisi malgré son absence, et un membre du MLC, qui doit encore prendre sa décision.

Comme prévu, donc, Olenghankoy prend les commandes d’une institution stratégique, chargée de surveiller le bon déroulement de la transition. Le CNSA est notamment l’organe attendu par la CENI pour fixer le calendrier électoral.

Mais le choix des membres de cette institution d’appui à la transition et la procédure utilisée ont, d’ores déjà, été, rejetés, par le Rassemblement. La principale coalition de l’opposition, qui clôturait ce samedi son 2e conclave, à Kinshasa, exige, ni plus ni moins, l’application intégrale de l’accord du 31 décembre et notamment l’organisation des élections au plus tard le 31 décembre 2017.

Quel rôle pour Olenghankoy ?

Parti en dissidence juste après la mort du leader historique de l’opposition Étienne Tshisekedi le 1er février 2017, le président des Fonus est accusé par ses anciens camarades d’avoir « trahi » et de s’être rapproché du Pouvoir. Si, il se défend d’être l’objet de « débauchage », ses prises de position, elles, sont aux antipodes du reste de l’opposition. Quand les uns réclament la mise en œuvre de l’accord, lui plaide pour « mettre le cap » sur les élections dans les conditions jugées douteuses. Et maintenant que les élections sont réclamées avec insistance par le groupe de Félix Tshisekedi, lui, plaide pour prendre le temps et préparer des « bonnes élections ». Il est, aussi, celui qui qualifie, sans le nommer, Moïse Katumbi, de « fugitif », lorsque d’autres se battent pour que justice soit rendue à l’ancien gouverneur du Katanga condamné à 3 ans de prison et pour lequel l’accord de la Saint Sylvestre demande l’annulation des charges à son encontre.

Véritable machine à « brouiller » le message de l’autre opposition, Joseph Olenghankoy devrait poursuivre sur sa lancée, dans un processus qui peine à montrer une réelle lisibilité.