Le juge Jacques Mbuyi attaqué le 19 juillet dernier à Lubumbashi, à la veille de la reprise du procès en appel de l’opposant Moïse Katumbi, a été évacué dimanche en Afrique du Sud, pour des soins appropriés. Sa tentative d’assassinat par de personnes non encore identifiées, mais dans un contexte politico-judiciaire tendu, surchauffe les esprits. À l’image de l’échange musclé via twitter entre Sindika Dokolo et le président de la ligue des jeunes du PPRD, Patrick Nkanga.

Quelques heures après la révélation de l’attaque dans les médias, Sindika Dokolo s’était fendu d’un tweet d’indignation évoquant la tentative d’« assassinat dans un procès politique », suivi d’une interrogation : « voulons-nous d’un tel État, d’une telle justice, d’un tel pays ? ».

Dimanche après l’annonce du transfert du magistrat, toujours affaibli, au pays de l’arc-en-ciel, Patrick Nkanga a répliqué. « Monsieur Sindika, le juge est en soin en Afrique du Sud. Et si, en juriste, on devrait se demander à qui profite le crime », s’est interrogé le jeune leader au parti au pouvoir en notant que les suspects [pouvait être] légions.

La suite du débat :

Sindika : Je dénonce un climat créé par l’instrumentalisation de la justice et des services de sécurité, une spirale de violence politique.

Nkanga : Vous pointez du doigt, vous insinuez, vous désignez des responsables au regard des divergences politiques. Est-ce républicain ?

Sindika : Je n’insinue pas, je vous accuse d’instrumentaliser la justice et les services pour museler toute contestation. Bref de créer une dictature.

Nkanga : C’est votre point de vue, celui d’un Opposant radical, dit-on. Merci bien !

Criblé de 4 balles, le juge Mbuyi symbolise, aux yeux de l’opposition, le « courage » dans une justice soumise à des pressions politiques. Ce qui n’a pas empêché son remplacement pour la poursuite d’un procès qui doit désormais se jouer devant la Cour constitutionnelle à Kinshasa.